Created by Richard Schumannfrom the Noun Projecteclair_rocky
Design, Article & Cream
superstylo

15 jours à la maison, 15 films : Maniac Cop 2

La vie est ainsi faite : nous devons toutes et tous, pour la sécurité de chacun, rester à la maison pendant quinze jours, au moins. Quinze jours, quinze films, à voir ou à revoir.
15 jours à la maison, 15 films : Maniac Cop 2

Maniac Cop 2 (1990 – William Lustig)


Maniac Cop : rien que le titre ressemble à un poème tout droit sorti de la filmographie de William Lustig et Larry Cohen. Et qu’y a-t-il de mieux que Maniac Cop ? Et bien… Maniac Cop 2, pardi !


Un malfrat saute d’une fenêtre du premier étage, rebondit sur une camionnette et atterrit difficilement sur le bitume. Au sol, il tente de dégainer rapidement, mais se fait descendre sans avoir eu le temps d’appuyer sur la gâchette. À l’autre bout de la ruelle, c’est le détective McKinney – alias cette bonne vieille trogne de Robert Davi – qui a gagné le duel, pétoire encore fumante en main. Une fois qu’il s’est assuré que sa victime est hors d’état de nuire, il disparaît alors dans les néons de Times Square, en tirant nonchalamment sur sa clope. Des séquences badass et parfaitement exécutées comme celles-là, Maniac Cop 2 en regorge. C’est la marque de fabrique de Bill Lustig (Maniac, Vigilante), l’un des grands artisans du cinéma d’exploitation, dont la constance et le talent manquent cruellement à la série B d’aujourd’hui.


Conçu comme la rencontre entre French Connection  et le mythe de la créature de Frankenstein, le premier Maniac Cop représentait déjà la quintessence du cinéma d’exploitation à petit budget, dont le concept (Matt Cordell, un policier en uniforme revient d’entre les morts pour se venger) était magnifié par une ambiance poisseuse et un cadre hors du commun, le New York craspec de la fin des années 80 que Rudolph Giuliani n’avait pas encore nettoyé en appliquant la « Tolérance zéro ». Comme toutes les bonnes suites, Maniac Cop 2 reprend la formule, en l’abordant toutefois différemment. À l’âpreté du premier film, le réalisateur préfère cette fois-ci une approche plus orientée vers le comic book et le cinéma de Hong Kong. De plus, le succès international du premier film lui permet d’obtenir un budget trois fois plus conséquent,et d’envisager ainsi des scènes d’action et des cascades dantesques.            

Et c’est exactement ce que propose Maniac Cop 2 : plus barge et mieux foutue, cette suite appuie sur le champignon en cumulant les idées de série B et les passages d’anthologie. Plus charismatique et affublé d’un maquillage reptilien, le personnage de Matt Cordell fait désormais figure de menace indestructible, à l’image du Terminator de James Cameron auquel il pique quelques maniérismes et faits d’armes. Tout aussi monolithique, le Maniac Cop  se débarrasse ainsi de ses ennemis du premier film en deux bobines, arrête une tronçonneuse à mains nues, menotte une femme flic au volant d’une voiture sans freins qu’il lâche en sens inverse sur l’autoroute et se fait l’ami d’un tueur en série intéressé par les plus belles strip-teaseuses de Manhattan. Clou du spectacle, qui devrait vous convaincre d’investir dans ce grand « petit » film pour une soirée pizza-bière : il dégomme à lui tout seul un commissariat entier à la mitrailleuse et embrase Sing Sing en mettant le feu aux prisonniers du pénitencier, après que l’un d’entre eux lui jette un cocktail Molotov sur la tronche ! Plus B (comme bonnard), tu meurs !         

                                                                                                                                      

Stéphane Moïssakis


Retrouvez une une interview de William Lustig dans les pages du Rockyrama N°23 - Quentin Tarantino


Article initialement paru dans le HS Rockyrama Videoclub disponible ICI.

15-jours-a-la-maison-15-films-mania-cop-2