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30 ans de Zelda : comment j'ai découvert Link

Pour les 30 ans de Zelda, 2080, musicien lyonnais, collectionneur et grand gamer devant l’éternel, dont le registre, la chiptune, se caractérise par des sons créés grâce à une console de jeu, revient sur la découverte du tout premier volet des aventu
30 ans de Zelda : comment j'ai découvert Link

Pour les 30 ans de Zelda, 2080, musicien lyonnais, collectionneur et grand gamer devant l’éternel, dont le registre, la chiptune, se caractérise par des sons créés grâce à une console de jeu, revient sur la découverte du tout premier volet des aventures de Link. Celui avec la bonne musique.


Je n’ai pas joué à Zelda chez moi pour la première fois, j’y ai joué chez un ami, il avait la NES, il avait Megaman 2, il avait Soccer, il était scout, il avait des Rocklords. J’enviai ses jouets et ses ballades en forêt entre copains et si je me suis rattrapé depuis sur les jouets, l’envie de scoutisme m’a heureusement rapidement quitté quand j’ai vu l’uniforme. Le petit short, ok, mais le pull sur les épaules par dessus le polo ? None of that shit for me !


Une après midi, il a sorti cette cartouche brillante de son fourreau, telle Excalibur de son rocher dans le film d’or et de chrome de John Boorman, et après avoir rituellement soufflé dedans, il eu cette parole magique : « tu verras, il y a même une sauvegarde ». Pas un mot de passe, une sauvegarde, le futur. Mais cette débauche de technologie fut rapidement mise au second plan dès que la musique commença. Cet air, gravé à jamais dans mon esprit ! On y entend l’aventure dès les premières notes. Elle sera longue, périlleuse, merveilleuse aussi, et c’est la promesse que nous fait ce thème inoubliable de K?ji Kond?, le compositeur emblématique de Nintendo.


Start. Le jeu commence, on est immédiatement submergé par l’impression de liberté. Pas de direction imposée, pas même une petite flèche pour t’indiquer le chemin, on va où on veut, la liberté est totale mais, ce n’est pas une promenade de santé ! Les créatures se chargent rapidement de te rappeler que le monde d’Hyrule que l’on arpente est hostile et que c’est dangereux d’y aller seul. « Mais non ! Commence par aller chercher l’épée ! » me dit mon ami, constatant mon ignorance et la vitesse à laquelle je perds mes coeurs. C’est une évidence pour tous qu’il faut commencer à aller voir le vieillard dans la grotte qui donne l’épée de bois. Je me plait à penser que cette épée est de bois car je me voyais dans le personnage de Link, comme quand le weekend ou en vacances nous partions à la campagne, et que le bâton que je ramassais était une épée fantastique et que pas une mauvaise herbe ne me résistait.


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Ce monde d’hyrule nous est familier, il est le terrain vague à coté, il est la colline au loin, la carrière plus haut. Il nous évoque les promenades entre potes, à cet âge où fusent les « on dirait que y’a un monstre là bas et qu’on doit le battre et que moi, j’ai une armure de FER et que je suis inmourrable ! » La beauté dans tout ça, c’est que malgré les gros pixels, les animations extrêmement limitées, pas une seule seconde, on ne met en doute ce qu’on voit. La suspension d’incrédulité marche a plein car ce qui lisse les graphismes, ce qui change le « bip bip » aride en une trompète annonciatrice et majestueuse, c’est cette part de soi qu’on investit dans le jeu, l’histoire n’est qu’un cadre à celle plus importante que l’on se raconte nous-même. Ce contrat que nous propose Zelda, de nous faire vivre une aventure extraordinaire malgré les limitations techniques, on le signe immédiatement.


A cet aspect d’exploration, sont ajoutés les terribles donjons accompagnés de leur musique tragique et mystique. Ces labyrinthes aux multiples secrets ne sont pas sans rappeler ceux de Donjons et Dragons et le célèbre système dit « porte, monstre, trésor », promesse que les efforts seront récompensés par divers artefacts qui faciliteront la quête, et que le boss terrible qui rôde au plus profond, une fois vaincu, nous laissera le passage vers le fragment de Triforce convoité, non sans laisser un coeur de vie supplémentaire, parabole de l’épreuve qui nous grandit, nous rends plus fort et plus résistants aux événements à venir et qui ne manqueront pas d’être encore plus difficiles.


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J’ai mis longtemps avant de terminer The Legend of Zelda, car ce n’est pas le genre de jeu que l’on termine chez son copain, et à l’époque, j’étais plus dans la team ordinateur Amstrad. Mais Legend of Zelda ne m’a jamais quitté, sa musique surtout. Au point que bien plus tard j’ai acheté une console exprès pour l’écouter correctement. Car oui, peu de gens le savent mais la musique que connaissez n’est pas la bonne, c’est une version amoindrie. L’originale se trouve dans la première version du jeu, quand il est sorti en disquette pour l’extension de la Famicom, la NES japonaise, qui se nomme Famicom Disk System. Et cette version bénéficie d’instruments supplémentaires, des arrangements plus complexes.


Ma quête est enfin accomplie et parfois, je relance le jeu, je joue un moment et à chaque fois, c’est toujours le même plaisir.


Propos recueillis par Nico Prat