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Chadwick Boseman nous parle de Civil War, de Black Panther et de James Brown

Il est l’une des grandes curiosités de ce nouveau film de l’univers Marvel.
Chadwick Boseman nous parle de Civil War, de Black Panther et de James Brown

Il est l’une des grandes curiosités de ce nouveau film de l’univers Marvel.


Il est Black Panther, pour la première fois sur grand écran. Il est donc le premier super-héros africain, et forcément, attendu au tournant. Bonne nouvelle: Chadwick Boseman en a vu d’autres. Il a joué James Brown, tout de même.


A quoi on peut s'attendre pour Black Panther dans Civil War ? Vu le nombre de persos, il n'y a pas du tout le temps de faire un origin story.

Chadwick Boseman: “Tu auras surtout un avant-goût du personnage dans ce film. Quelques infos sur le Wakanda, la culture du pays, sa place dans le monde, la lignée Black Panther”.

Quel était le plus gros défi : jouer James Brown (dans Get on up) ou jouer le premier super-héros africain à avoir sa propre saga ?

“Rien n'est plus dur que jouer James Brown mec (rires). Sérieux. Si un jour je tombe sur un rôle plus impressionnant que James Brown, tu seras le premier au courant, mais pour l'instant je ne vois pas.
Maintenant, c'est vrai que les attentes sont très fortes pour Civil War. Parce que c'est la première fois qu'on voit certains persos dont le mien, parce que cette histoire était réclamée par pas mal de fans, etc. Il y a un côté un peu tendu avec les fanatiques qui attendent le projet au tournant... Mais ce n'est pas comparable au Godfather of Soul, je pense. Ceci étant, le personnage de Black Panther est un challenge. Comme tu dis, c'est LE super-héros africain de l'univers Marvel. Du coup, il fallait que je trouve comment le représenter sans me foirer. Le physique, la façon de parler, la voix, l'accent, les spécificités de sa culture. Il suffit que je fasse un accent trop appuyé ou à côté de la plaque et bim : c'est non seulement raté, mais en plus carrément insultant pour beaucoup de monde”.

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Comment as-tu abordé le personnage ?


“Alors la clé, pour moi en tout cas, c'était... Voilà le truc : quand les gens pensent aux hommes politiques africains, ils ont quelle image ? Des gens très éduqués, qui ont grandi dans leur pays mais qui ont souvent fait de hautes études en Europe : l'Angleterre, la France, etc. Et qui sont ensuite revenus chez eux, en ayant parfois conservé des habitudes et des façons de parler européennes. Mon interprétation par rapport au Wakanda, c'est qu'il s'agit d'un pays d'Afrique qui n'a jamais été colonisé. Cela ne veut pas dire que T'Challa n'est pas ouvert au monde ou qu'il n'a jamais bougé de chez lui, au contraire : mon personnage a peut-être pu étudier à Paris, Berlin et Londres mais ne va jamais sonner comme un Européen quand il parle, c'est un contre-sens. Il reste lui-même, il est cultivé mais pas "influencé". A chaque fois que je parle dans le film j'essaie de garder cette idée en tête par rapport à son accent, son débit, c'est très particulier et... ok je te vois sourire et j'anticipe ta question : non, je ne peux pas continuer cette interview en prenant la voix du perso, je suis crevé, désolé mec (rires). Mais ça fait vraiment partie de mon boulot sur Black Panther, en gros si je n'étais pas avec toi, je serais encore en train de le bosser. Chaque matin j'arrive sur le tournage, je me répète quelques phrases, et une fois qu'on a fini, à la toute fin de la journée, ça me prend quelques minutes pour "perdre" cet accent. Le fait que le rythme de parole soit différent, ça change tout au niveau de ton jeu, parce que tu ne dois pas être décalé, ce qui sort de ta bouche doit correspondre à tout le reste, tout ce qu'on voit à l'écran venant de toi. J'espère vraiment que les gens vont apprécier et que ça ne sonnera pas faux !”


C'est toi tout seul qui a construit cette particularité du héros ou au contraire toute une équipe a cogité là-dessus ?


“C'était mon choix, mais la décision a été collective, tout le monde s'est concerté pour savoir comment T'Challa s'exprimerait. Je trouve qu'on a fait le bon choix, il fallait le démarquer dès le départ et ça y participe. C'est la première fois que ce héros est porté à l'écran, forcément tu as la pression. Tu veux respecter à peu près tout ce qu'on a écrit sur lui dans les comics même si c'est impossible (rires). Le premier truc qui m'a guidé au niveau de son attitude, c'est qu'il ne faut jamais oublier son statut : ce mec est un roi, il dirige un pays. Et si tu es un roi, tu n'as rien à prouver à personne, tu n'as pas ce côté m'as-tu-vu, tu ne cours pas après les gens. Il fallait qu'il ait cette facette un peu majestueuse, c'était essentiel”.


Tu crois que l'origine ethnique de Black Panther va avoir un impact niveau public ou tu es de ceux qui pensent que les super-héros sont plutôt universels par essence, comme une sorte de mythologie moderne issue des comics ?


“C'est une vaste question, et l'attaché de presse va faire la gueule si on se lance dans un débat (rires). Mais je te rejoins sur le côté grand enfant et mythologie moderne, parce que concrètement, la plupart des gens aiment les super-héros pour deux aspects : le côté humain auquel on s'identifie directement et le fantasme des super-pouvoirs qui symboliseraient peut-être une version meilleure de ce qu'on est. Les plus gros fans, je pense qu'ils ont ce côté rêve éveillé, où même si tu vas aux toilettes pendant le film, tu te regardes dans la glace et tu te sens plus fort que jamais (rires). C'est d'ailleurs pour ça que je ne crois pas que l'identification soit compartimentée, je pense que Black Panther peut parler à des blancs, des femmes, qui tu veux, parce que ce sentiment de proximité est universel. Et si voir un superhéros noir peut ouvrir l'esprit de certaines personnes, dans la vie réelle, c'est un super bonus. Tu sais que les superhéros africains existent, peut-être que tu vas être moins choqué qu'une femme ou un noir soit comptable (rires)”.


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Ça a fait pareil avec les ratons laveurs après Les Gardiens de la galaxie, ils sont super respectés maintenant.


(rires) “Voilà, t'as tout compris”.


Quel avenir pour ton personnage ?


“J'ai au minimum deux films solos, normalement”.


Tu n'as pas peur d'être "bloqué" à la fois niveau tournage, c'est un engagement sur le long terme, mais aussi en terme d'image ? Ces grosses sagas phagocytent parfois leurs interprètes.


“J'ai bien réfléchi avant de signer, t'inquiète pas (rires). Non, vraiment, j'en ai parlé à mon équipe, mes agents, et surtout mes proches avant de me lancer là-dedans parce que ce n'est effectivement pas un truc que tu dois faire sur un coup de tête. C'est comme un mariage, franchement. Il faut être sûr de savoir où ça va au final, sinon c'est le divorce et ce n'est jamais joli. Là par exemple, je connais à peu près la direction dans laquelle on se dirige pour le film solo Black Panther. Et ça me plaît”.


C'est à dire ?


(il prend un air désolé et montre l'attaché de presse) “Tu connais déjà la réponse mec, je suis tenu au secret !”


Propos recueillis par Yérim Sar


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