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Keanu Reeves, le secret le mieux gardé d’Hollywood

Il est l’une des plus grandes stars de cinéma des 20 dernières années. Son palmarès personnel revendique plusieurs cartons interplanétaires, dont plusieurs films inscrit aujourd’hui dans les tables de la pop-culture. Il pourrait être une diva constam
Keanu Reeves, le secret le mieux gardé d’Hollywood

Il est l’une des plus grandes stars de cinéma des 20 dernières années. Son palmarès personnel revendique plusieurs cartons interplanétaires, dont plusieurs films inscrit aujourd’hui dans les tables de la pop-culture. Il pourrait être une diva constament placardée à la une des magazine people. Il n’en est rien. Keanu Reeves vit dans l’ombre de sa notoriété et ne prête que peu d’intérêt au game du star system. Il trace sa route, entre le Chateau Marmont, ses Norton, ses choix de carrière atypiques et sa solitide. 


Il aurait pu rejouer Ted Logan le débile toute sa vie, faire du surf jusqu’à épuisement pour trouver LA vague, rouler en bus sans descendre sous les 88 mph ou savater de l’agent smith jusqu’à la fin de ses jours. Exception faite de la trilogie Matrix, dont l’arc narratif était suspendu aux impératifs d’une trilogie, Reeves n’a pas parié sur les franchises pour assoir son statut. 


Pas coutumier du pactole facile, Keanu Reeves aime le risque et tracer sa route au gré de ses humeurs et des rencontres. Après chaque carton, invariablement, Reeves part tenter sa chance dans des projets qui ne rapportent pas un rond. Cassé son image de beau ténébreux ne lui a jamais fait peur. Après la révolution Matrix, il part jouer au sérial killer dans le nullissime The Watcher (2000) et s’affiche en mari violent dans le mésestimé Intuitions (2000) de Sam Raimi. Il a refusé une montagne de billets verts pour reprendre son rôle de Jack Traven dans Speed 2, et préféra tourner dans le déjà oublié Suicide Club (1997). Toute la filmographie de cet acteur monolithique mais définitivement plus charismatique que la moyenne peut se résumer à cet acte financièrement suicidaire, mais d’une rare intégrité artistique.

Il est sûr qu’après enquête, les salaires qu’il a empoché pour sa participation à la trilogie des Wachowski le mettent à l’abri sur 15 générations (10 millions pour le premier volet, 30 pour les deux suivant plus un gras pourcentage sur les recettes). Joel Silver a bien fait les choses et permi à Keanu de se conforter dans ses certitudes. Il fait ce qu’il veut, comme il veut, quand il veut. Comme rouler à fond sur des routes sinueuses et désertiques des collines d’Hollywood, en pleine nuit et tout feu de moto éteint. Ce genre d’activité peu recommandable ont d’ailleurs faillit lui coûter plus que le prix des réparations de ses motos de collection. Loin des paparazzis, sa vie privée n’appartient qu’à lui. Si Johnny Depp, Georges Clooney et Brad Pitt irriguent les pages poubelles de la presse mondiale, Reeves échappe aux rumeurs. L’acteur empêche toute incursion dans sa vie privée, verrouille tout, à tel point qu’au coeur des années 90 certains grattes papiers imaginèrent qu’il se maria en secret avec le PDG de Geffen Records, David Geffen. N’importe quoi.


Bon, celui qui immortalisa Johnny Utah (meilleur nom de personnage de tous les temps), s’est aussi fourvoyé dans quelques nanars peu gratifiant : Poursuite (1996), l’improbable Johnny Mnemonic(1995), qui outre les présences incongrues de Kitano et Dolph Lundgren au générique, avait l’audace d’annoncer, de loin, les délires mystico-cyber du futur Matrix. 


Il s’est toujours relevé et n’a jamais perdu sa côte de popularité. Reeves ne sera jamais un acteur à oscar, et ce n’est pas ce qu’on lui demande. Humble, il prend son métier au sérieux, et les producteurs continuent de lui faire confiance, invariablement.

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Le fait qu’il ne semble pas vieillir stabilise en plus sa côte de popularité auprès des jeunes spectateurs. Capable d’enchaîner des projets risqués comme le fantastique A Scanner Darkly (2006), le très bon polar de David Ayer Au Bout De La Nuit (2008), qui ne laisseront pas de traces mémorables au box office, il ne perd pas pour autant son mojo. La Fox n’hésite d’ailleurs pas à lui confier le premier rôle de la guimauve Le Jour Où La Terre s’arrêta (2008), remake peu emballant du classique des années 50. Il suffit de jeter un oeil à sa page IMDB pour constater qu’entre ses gros films, Reeves s’arrange toujours pour caser des petites productions, histoire de se faire plaisir et de respirer. Et là, tout y passe : comédie romantique, film de sport pour gamins, histoire d’amour à l’eau de rose, caméo…


Aujourd’hui, Keanu Reeves rejoue la légende des 47 Ronins version fantasy dans un film au casting 100 % japonais. Efficace, visuellement irreprochable, le film a survécu à un développement chaotique mais ne remboursera pas son astronomique budget. Quel autre acteur bankable aurait pû se lancer dans une opération si risquée, tellement éloignée des canons des blockbusters actuels?