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Skull Island : un film très Kong

Avec ce nouveau long-métrage qui fait suite au Godzilla de Gareth Edwards, Legendary et la Warner entendent lancer pour de bon leur "Monsterverse". Et le film n'a pas beaucoup plus d'ambition que d'être le premier vrai produit de ce nouvel univers ét
Skull Island : un film très Kong

Avec ce nouveau long-métrage qui fait suite au Godzilla de Gareth Edwards, Legendary et la Warner entendent lancer pour de bon leur "Monsterverse". Et le film n'a pas beaucoup plus d'ambition que d'être le premier vrai produit de ce nouvel univers étendu. D'être ce que Batman V Superman est à Man of Steel. De massacrer une nouvelle icône pop.


Le film est vendu comme léger, un hommage au pulp... Du pur cinéma d'exploitation, ce qui nous fait vibrer à Rockyrama. Nous pouvons déjà noter que le pulp décline dès les années 1950, et à la fin de la guerre du Vietnam, en 1975, le genre a déjà quasiment disparu au profit du comics. Cette littérature, imprimé sur du papier de mauvaise qualité, faisait la part belle aux récits d’aventure, souvent légers. Le problème de Kong : Skull Island n'est pas que son scénario est trop léger, c'est qu'il ne raconte rien. Il confond archétype et clichés, simplicité et simplisme. Il y a trop de personnages, qui ne sont jamais traités correctement, empêchant toute empathie pour eux. Vu la qualité des acteurs en jeu (John Goodman, Samuel L. Jackson), c'est criminel. Ils n'ont pas de quête, n'évoluent pas, n'ont aucune incidence sur le déroulement du film, à l'exception notable de John C. Reilly. Vous ne vous souviendrez plus du lead masculin joué par Tom Hiddleston dès le lendemain, et le personnage principal féminin interprété par Brie Larson ne fait que prendre des photos des moments les moins intéressants pour un photographe. A noter un face à face avec Kong voulu émouvant à se pisser dessus de ridicule quand il devrait faire vibrer l’hommage fort de la confrontation.

Quant à la réalisation, c'est gênant : sorti de quelques money shots que vous avez déjà vu lors de la promo du film (et avec des FX propres, mais vu le budget du film, c'est le minimum requis - à noter les mouvements de caméra impossibles hors numérique qui vous sortiront immédiatement du film), on ne sent pas les rapports d'échelle, de force, le bruit que les monstres font, leurs apparitions ne sont jamais préparées de manière correcte... Le design de l'antagoniste final est terriblement fainéant par rapport aux autres monstres, qu'on aurait voulu plus diversifiés. Un mot également pour la musique, traitée sur un angle que nous appellerons désormais Suicide Squad : mettre des morceaux sympas pour donner du rythme à un film et lui donne de la crédibilité.

A noter une scène post générique qui aurait pu faire tout le long-métrage, et qui le résume très bien : un dialogue charcuté, des images de monstres, expédiées à la va-vite, pour nous préparer à de nouveaux films catastroph(iqu)es. La salle grise d'interrogatoire nous renvoie directement au triste bureau de la Warner où a dû se décider de manière cynique ce nouveau lancement de franchise étendue.


En fait en dehors de l'idée de base intéressante du film - un Kong movie pendant la guerre du Vietnam, intégralement sur l'île - et quelques plans jouissifs -trop rares pour que je vous les gâche ici si vous n'avez pas vu les bandes-annonces -, ce film vous donnera le vertige. Celui du néant.


Boris Biron