#James Gray

Rockyrama

Little Odessa : Crime et Châtiment

Il aura suffi d’un film à James Gray pour inscrire son nom sur la liste des réalisateurs à suivre à Hollywood. Mais c’est pourtant loin de la cité du cinéma et du public américain que le réalisateur bâtira une œuvre toujours pas comprise, ou acceptée, dans son pays d’origine. Trop intello, trop auteurisant, trop européen, sa filmographie trouvera un écho mérité dans les festivals ou chez les cinéphiles, persuadés de tenir là l’un des réalisateurs les plus importants de sa génération. Passionné, minutieux et terriblement doué, Gray prendra son temps pour faire aboutir chacun de ses projets avec la certitude de faire à chaque fois progresser un peu plus son art. Et si l’histoire retient aujourd’hui que ses trois premiers films constituent une trilogie sombre, familiale et personnelle, sa première envie de réalisateur fut un biopic de Neil Bogart, créateur du label disco Casablanca Records.

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James Gray ou l’incompréhension permanente

Il paraît que le propre des génies est d'être incompris. Cette maxime s'applique à James Gray sans doute plus qu'à tout autre cinéaste contemporain. Auteur de cinq films magistraux, James Gray a acquis le statut d'auteur majuscule aux États-Unis comme en France, pays de la cinéphilie où l'on aime ériger des statues. Pourtant, au-delà de cette réputation hors norme, le parcours de James Gray se définit par une incompréhension permanente entre le cinéaste, mû par une éthique intransigeante, et le reste du monde : conflit dantesque avec ses producteurs, dialogue de sourds avec les studios, échecs publics des films, descente en flèche par la critique, accueil glacial dans les festivals. Aucune de ses oeuvres ne sera jamais bien reçue au premier abord, quitte à être réévaluée parfois des années plus tard. C'est à se demander comment James Gray a pu acquérir une telle aura...