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Halloween 2 : Michael Myers is back !

Il fait nuit noire et John Carpenter est ivre devant sa machine à écrire quand il décide d’intégrer un élément crucial au scénario d’Halloween 2. Après la sortie du premier épisode en 1978, qui a marqué à tout jamais l’histoire du slasher et introduit le personnage de Michael Myers au grand public, il obtient carte blanche pour l’écriture d’une suite qu’il n’a absolument aucune envie de faire. Pour lui et sa co-scénariste Debra Hill, Halloween était un film qui se suffisait à lui-même – simple mais efficace, sans violence explicite mais plein de tension, servi par une bande originale devenue culte et une Jamie Lee Curtis impeccable dans son rôle de final girl.

Vampires : Ça va saigner

Comme toujours chez John Carpenter, il suffit d'une poignée de minutes pour planter le décor. Les étendues arides du Nouveau-Mexique, une bande de cowboys armés jusqu'aux dents accompagnés d'un prêtre flippé et, au bout de leur attirail, des vermines assassines à dézinguer. Un avant-goût si limpide qu'il nous renverrait presque aux westerns matriciels de Budd Boetticher et Raoul Walsh. Oui, mais voilà, Vampires est une œuvre du maître de l'horreur. Autrement dit, un tableau d'apocalypse aux tonalités sanglantes et à la violence primale. Aux antipodes des fresques romantiques de Neil Jordan (Entretien avec un vampire) et Francis Ford Coppola (Dracula), Carpenter prend le mythe vampirique au col pour le purger de tout lyrisme. Ici, le prince de la nuit n'est qu'une bête sauvage et ceux qui le traquent le sont tout autant. Ça va saigner.

Le Cauchemar de Dracula : Duel (presque) au soleil

Quelque part entre le western et le film de cape et d’épée, la poursuite finale du Cauchemar de Dracula convoque l’action au cœur de l’épouvante. À l’instar du roman de Bram Stoker, le film de Terence Fisher s’achève par une traque culminant au château du vampire. Ici, le Comte Dracula (Christopher Lee) est sur le point d’enterrer Mina (Melissa Stribling) pour en faire sa compagne. Mais il est interrompu par l’arrivée du professeur Van Helsing (Peter Cushing) et d’Arthur Holmwood (Michael Gough). Le vampire regagne sa demeure, laissant sa victime à moitié ensevelie. Pendant qu’Arthur accourt vers son épouse, Van Helsing talonne Dracula, cherchant à concrétiser le défi qu’il lança au public quarante minutes plus tôt : « Il faut le trouver et le détruire ».

Robocop 2 : Comment passer après le succès surprise de Paul Verhoeven ?

Le robot flic est de retour dans un Detroit à feu et à sang. Au bout de son flingue, des junkies secoués de la carafe, et, en haut de l'échelle de la « fripouterie », des industriels encore plus assassins. On ne dirait pas, vu la paresse apparente du pitch, mais à l'instar de sa plus terrifiante scène – un Robocop disséqué dont les membres arrachés se meuvent au sol –, cette suite est tout à fait chaotique.

Blue Velvet : Le bleu suave de David Lynch

Au commencement étaient la voix d’Isabella Rossellini, ou Dorothy Vallens, le regard de Kyle Maclachlan en Jeffrey Beaumont et le bleu suave de David Lynch. Non, Blue Velvet n’est pas un film. C’est tout un univers clos qui se concentre dans une réalisation hors du temps, où les bons sentiments contrecarrent les instincts les plus pervers. Absurde, profond et enclin au malaise, le film plonge ses racines au plus loin des pulsions de la psychologie humaine. L’excès devient la mesure, la démesure la normalité. Nous glissons peu à peu dans une oreille en décomposition, sans la moindre certitude d’en ressortir un jour.

Le Cercle rouge : sommet du cinéma « melvillien »

Jean-Pierre Melville est le seul cinéaste français à avoir offert son nom à un style : de la même façon que l’on peut accoler à un film l’épithète « hitchcockien » ou « lynchien », il existe un polar « melvillien ». Le mot apparaît dans la presse française à l’occasion de la sortie de son onzième film Le Samouraï a été défini ainsi par Philippe Labro, un cinéaste qui avait coutume de demander conseil à Melville sur ses propres films : « Est melvillien ce qui se conte dans la nuit, dans le bleu de la nuit, entre hommes de loi et hommes de désordre, à coups de regards et de gestes, de trahisons et d'amitiés données sans paroles, dans un luxe glacé qui n'exclut pas la tendresse, ou dans un anonymat grisâtre qui ne rejette pas la poésie ».