The Bikeriders : la horde sauvage
Cramer sa vie pour l’amour de la vitesse et de son clan en laissant de la gomme sur le bitume. Évidemment, le mode de vie des clubs de motards des années soixante – pile entre ceux de L’Équipée sauvage et d’Easy Rider – est sur le papier un sujet éminemment cinématographique. Plus encore si l’on y ajoute un triangle amoureux atypique avec un casting à mettre le feu à un iceberg : Jodie Comer, Austin Butler et Tom Hardy. Mais là où Jeff Nichols rafle vraiment la mise, c’est sur le concentré d’une époque, d’un milieu et surtout, d’une contre-culture américaine : celle décrite par le photographe reporter Danny Lyon dans son livre mythique The Bikeriders (1968) qui a inspiré son film, montrant les codes et les visages d’un « motorcycle club » à Chicago, formé « d’indésirables », dont il a fait partie pendant quatre ans et qu’il a documenté avec autant de justesse que de lyrisme.