L'Homme qui tua Liberty Valance : la dernière séance
Un « truel » entre trois Amériques, trois hommes et trois gueules : John Wayne, James Stewart et Lee Marvin. C’est à peu de chose près ce que nous propose l’avant-dernier western de l’immense John Ford qui, dans ce film-testament mélancolique, ausculte la métamorphose d’une nation en pleine crise de maturité. C’est peut-être parce que ce film est un adieu – l’adieu à un genre, le western, devenu pays imaginaire de Ford – que le cinéaste réalise ce long-métrage en noir et blanc, au grand dam de la Paramount qui veut à tout prix que le film soit en couleur, comme la télévision. Hollywood craint que le petit écran ne lui vole la vedette. Mais Ford résiste et propose même un objet cinématographique différent et minimaliste. Pas de couleurs donc, mais pas non plus de grands espaces. Les spectateurs et les spectatrices ne doivent pas se perdre dans le superflu, mais dans le propos méditatif que nous offre le film. En l’espèce, une réflexion sur l’Amérique, ni plus ni moins.