#David Lynch

Rockyrama

Mulholland Drive : de l'autre côté d’Hollywood

Il existe à Los Angeles un trou noir. Un trou noir que nul n’a exploré aussi diligemment, profondément et régulièrement que David Lynch – du moins pas sans en ressortir fou, aussi fou que Dale Cooper recraché par la Black Lodge. Tous ceux qui connaissent David Lynch s’accordent à le dire : il n’y a pas plus doux et sain d’esprit que lui. Publiquement, même dans ses phases les plus ésotériques, métaphysiques, même dans son éloge de la méditation transcendantale, il apparaît parfaitement raisonnable. Il n’y a ainsi que lui pour s’aventurer dans une zone aussi délétère et en ramener autant de beauté. Tous ses films situés à Los Angeles tournent autour de ce trou noir, en orbite plus ou moins proche, et l’on peut considérer que Lost Highway, Mulholland Drive et Inland Empire forment une trilogie esthétique et thématique.

Vidéo Pizza

Blue Velvet : Le bleu suave de David Lynch

Au commencement étaient la voix d’Isabella Rossellini, ou Dorothy Vallens, le regard de Kyle Maclachlan en Jeffrey Beaumont et le bleu suave de David Lynch. Non, Blue Velvet n’est pas un film. C’est tout un univers clos qui se concentre dans une réalisation hors du temps, où les bons sentiments contrecarrent les instincts les plus pervers. Absurde, profond et enclin au malaise, le film plonge ses racines au plus loin des pulsions de la psychologie humaine. L’excès devient la mesure, la démesure la normalité. Nous glissons peu à peu dans une oreille en décomposition, sans la moindre certitude d’en ressortir un jour.