Rockyrama Mulholland Drive : de l'autre côté d’Hollywood
Il existe à Los Angeles un trou noir. Un trou noir que nul n’a exploré aussi diligemment, profondément et régulièrement que David Lynch – du moins pas sans en ressortir fou, aussi fou que Dale Cooper recraché par la Black Lodge. Tous ceux qui connaissent David Lynch s’accordent à le dire : il n’y a pas plus doux et sain d’esprit que lui. Publiquement, même dans ses phases les plus ésotériques, métaphysiques, même dans son éloge de la méditation transcendantale, il apparaît parfaitement raisonnable. Il n’y a ainsi que lui pour s’aventurer dans une zone aussi délétère et en ramener autant de beauté. Tous ses films situés à Los Angeles tournent autour de ce trou noir, en orbite plus ou moins proche, et l’on peut considérer que Lost Highway, Mulholland Drive et Inland Empire forment une trilogie esthétique et thématique.