Miami Vice : le vent dans les palmiers
Dans le paysage hollywoodien de 2006, très riche en films d’action auteuristes ou formalistes (Déjà vu, Hypertension, Les Fils de l’homme, Les Infiltrés, Apocalypto, 300, Casino Royale, Mission impossible 3, Inside Man…), Miami Vice a failli passer inaperçu. Sorti durant l’été, le film le plus cher de Michael Mann fut un semi-échec, public et critique, ayant déçu les fans de la série originelle des années quatre-vingt – dont Mann était l’un des cocréateurs –, ainsi que certains admirateurs des œuvres plus classiques du cinéaste, rétifs à l’abstraction et à l’hypermodernité radicale de celle-ci. Cependant, la réputation du film n’a cessé de grandir au fil des années, à mesure que s’est imposée l’évidence de tenir là une œuvre sidérante, déployant avec majesté son réalisme brut et son lyrisme atmosphérique.