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Interstella 555 : il y a quinze ans, une rencontre dans les étoiles

Interstella 555 a quinze ans. Déjà. Parce que ce film fait partie de la liste de nos indispensables et parce qu’un anniversaire, cela se fête, tout simplement, nous ne pouvions ne pas en parler. Et nous souvenir.
Interstella 555 : il y a quinze ans, une rencontre dans les étoiles

Interstella 555 a quinze ans. Déjà. Parce que ce film fait partie de la liste de nos indispensables et parce qu’un anniversaire, cela se fête, tout simplement, nous ne pouvions ne pas en parler. Et nous souvenir.


Interstella 5555, de son petit nom complet Interstella 5555: The Story of the Secret Star System, est un film d’animation japonais, réalisé par Kazuhisa Takenouchi et par le studio Toei Animation en 2003. Mais plus encore, c’est la collusion de plusieurs univers. D’une part, Daft Punk. Adorateurs du son et de l’image, fans absolus dès l’âge de cinq ans d’un dessin animé que l’on nomme Albator. De l’autre (côté du monde), Leiji Matsumoto. Papa de Capitaine Albator donc. Mais aussi de Galaxy Express 999, Space Battleship Yamato, Gun Frontier… Une légende, rien de moins. Et alors qu’avec l’album Discovery, les deux français s’apprêtent à sauter à pieds joints dans leur propre mythe (casques, imaginaire, rareté), Interstella 555 vient sceller comme une évidence. Il fallait au moins un film.


Mai 2003. Le film est projeté à Cannes, dans la nuit. Mais notre histoire débute réellement trois années plus tôt. Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, accompagnés de leur coscénariste et ami d’enfance Cédric Hervet, partent au Japon avec leur projet sous le bras. Ils rêvent, un peu en secret, sans réellement oser se l’avouer, de rencontrer le grand Matsumoto. Ils y parviennent, et lui font écouter les bandes de l’album qui deviendra donc Discovery, tout en lui étalant leurs idées pour ce space opera : quatre musiciens d'une autre galaxie sont kidnappés par un manager maléfique qui veut en faire le plus grand groupe sur Terre. Musique : Daft Punk. Dessins : Leiji Matsumuto. Une alliance sous les étoiles.


Matsumoto, à l’époque, raconte : “J’ai tout de suite vu des flashs de lumière qui clignotaient, leur musique correspondait exactement aux images d’un space opera animé qui me trottaient dans la tête depuis un moment. J’ai vu dans leur proposition un clin d’oeil du destin. C’est pour moi un rêve d’enfant que de proposer mes visions à un large public. Je n’y croyais plus tellement, et puis, à l’aube du XXIe siècle, les Daft Punk sont venus me trouver !”.


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A sa sortie, Le Monde parle de “un film-clip, nostalgique et joyeux, parfois un peu longuet. Plaisir éphémère à consommer avant d'aller danser”. Les Inrocks, eux, d’un “rêve d'enfants bourré d'idées et d'émotions”. MovieMartyr parle du “meilleur film d’animation de l’année”. Les deux derniers ont totalement raison. Interstella 555 est une merveille. Une merveille du moins : pas de dialogue, des dessins d’une exemplaire sobriété. L’émotion est là, sans insister, en laissant, tout simplement, parler le talent des deux parties en présence. Une rencontre entre les années 70 et les années 2000 sous les étoiles. Un plaisir simple en fait, et pourtant, cette simplicité fait toute la beauté de l’objet. Au-delà du bonheur, évidemment communicatif, d’assister à un rêve de fan (celui des Daft Punk en somme), c’est bel et bien un objet visuellement, narrativement, culturellement irréprochable qu’il nous est permis d’apprécier, d’aimer, et, pour les plus chanceux, de découvrir.


Nico Prat