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Space Jam fête ses vingt ans, et vos sneakers préférées aussi

Les années 90 sont particulières pour la culture pop. Les débuts d’internet qui réunit ses fans, un cinéma en transition entre les folles années 80 et le numérique, l’arrivée plus massive et marquée du manga en occident, Marvel à l’agonie, DC en plei
Space Jam fête ses vingt ans, et vos sneakers préférées aussi

Les années 90 sont particulières pour la culture pop. Les débuts d’internet qui réunit ses fans, un cinéma en transition entre les folles années 80 et le numérique, l’arrivée plus massive et marquée du manga en occident, Marvel à l’agonie, DC en pleine recherche d’un nouveau cap.


Le début également de la culture sneakers populaire, avec comme fer de lance les Jordan et son joueur éponyme, star même dans les pays où on ne voit pas ses matchs. C’est aussi celles où on se permettait encore des concepts complètement fous. Quelle mouche a bien pu piquer la Warner pour imaginer un crossover Jordan, pas vraiment connu pour ses talents d’acteurs, et les Looney Tunes, égéries du studio post seconde guerre mondiale ? Qui plus est, passer derrière le culte Qui veut la peau de Roger Rabbit ? avec lequel la comparaison sera forcément faite paraît risqué.

Pour se remettre dans le contexte de l’époque, les Looney Tunes jouissent encore d’une belle cote de popularité. Seuls dessins animés à faire de l’ombre à Disney, jusqu’à être plus populaires qu’eux entre 1942 et 1969, ils connaissent une seconde jeunesse depuis 1992 suite à leur rediffusion sur Cartoon Network. Leur passage sur le grand écran se fait dans la continuité, et qui de mieux que la plus grande icône du basket américain, sport devenu immensément populaire ? L’histoire, enfin le box-office, donnera raison à la Warner. La critique c’est autre chose.

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Le premier rapprochement entre les deux entités avait été fait quelques années  auparavant via, déjà, une publicité pour des baskets, les Hare Jordan, déclinaison des Air Jordan 7 sorties la même année. Dès le départ, ce ne sont pas des velléités créatives qui provoquent le mash-up. Nike se montrera d’ailleurs très impliqué dans la sortie de Space Jam, en élevant l’art du placement de produit d’un cran : les Air Jordan 11 Space Jam sont créées pour le film et servent de moteur à une partie de l’intrigue. Ces dernières sont encore très recherchées, au point de faire de leur réédition un événement.


Si l’on doute encore de la qualité du film, le style de ces sneakers fait plutôt l’unanimité chez les aficionados de la marque, avec un jeu étonnant sur les matières, entre cuir verni et nylon épais et sur les couleurs noires et bleues. La réédition appose le 45, le numéro avec lequel Jordan avait fait son retour, pas celui qui est porté dans le film, le fameux numéro 23. L’industrie et la culture de la sneakers sont basées en grande partie sur les modèles Jordan qui ont provoqué leur essor, et celle–ci est une des plus emblématiques, bien meilleur objet de collection que les pauvres toys et le jeu vidéo médiocres sortis à l’occasion du film.


Ce n’est effectivement pas pour la popularisation de I Believe I Can Fly que nous voulons retenir le film. Ou pour le non jeu de « His Airness ». Ni pour ses effets numériques souvent hasardeux, comme le bras étiré de Jordan lors de la scène finale. Même pas pour Bill Murray, qui se cache à peine d’être là pour toucher tranquillement son chèque. Mais plus pour sa place dans la carrière de Jordan, qui marque son premier come-back de manière unique en en faisant un film, et également pour la touche très personnelle qu’il contient. Space Jam est avant tout un hommage voulu à son père, dont le décès tragique – assassiné sur une aire d’autoroute par deux adolescents pendant sa sieste- avait précipité la –première- retraite de Michael Jordan. Il écrit sa propre histoire, scénarisant son retour triomphant, conscient de l’aura extraordinaire qu’il dégage déjà. Pour mieux se vendre, il faut raconter son histoire, l’enchanter. Mais cela ne suffit pas à faire un bon long-métrage.


Pourtant, le film a encore une réputation honorable (6,3 sur IMDB), au point d’envisager une suite avec LeBron James et Stephen Curry. Nous ne savons pas s’il faut l’espérer. Sûrement parce que les Nike Lebron n’ont jamais été des modèles de beauté.


Boris Biron