Otomo

Les Rallizes Dénudés : Noir psyché

Par Malik-Djamel Amazigh Houha

Les Rallizes Dénudés est un groupe à part, culte, acteur d’un underground japonais radical, dont l’histoire s’est perdue dans les méandres de l’exégèse hagiographique de ses fans. Ces derniers ont construit, à travers le monde, une véritable mythologie autour de la formation tokyoïte, bien aidés par le chanteur et guitariste Takashi Mizutani. Décédé en 2019, celui-ci a longtemps cultivé une forme de sobriété biographique et médiatique, donnant au groupe des allures de formation fantôme dont la musique s’est propagée comme une onde pirate, telle la Sadako de la VHS de Ring, circulant sur des CD-R, des MP3 et des bootlegs au son parfois inaudible, aussi bien sur cassette que sur CD ou vinyle

Le groupe se forme à Kyoto, en 1967, lorsque Takashi Mizutani et Takeshi Nakamura se rencontrent dans les locaux du club de musique moderne de l’université de Doshisha. Nakamura est intrigué par le charisme de Mizutani, l’un des rares étudiants du campus à porter les cheveux longs. Tous deux jouent de la guitare ; ils décident de former un groupe et de partir à la recherche d’un bassiste. La sélection est naturelle : trouver un type qui dégage quelque chose et leur ressemble. Mizutani et Nakamura repèrent un jeune homme aux cheveux longs, qui pourrait être l’un des leurs, dans le hall du bâtiment des étudiants. Il s’agit de Moriaki Wakabayashi, un étudiant au bord de la rupture, qui sombre dans la colère depuis qu’un camarade de l’université de Kyoto a trouvé la mort lors d’un affrontement entre le Zengakuren et la police antiémeute. 

Le trio discute musique, des groupes américains et anglais qu’ils écoutent : Hendrix, Pink Floyd, Jefferson Airplane. Il est question de former un groupe qui casse les codes – personnel, libre, hors des sentiers battus – loin de la scène des group sounds née dans le sillage du tsunami Beatles et qui domine alors le rock japonais. Les trois jeunes trouvent cette musique trop lisse. Certes, nombre de groupes et compositeurs ont indéniablement apporté quelque chose à la musique populaire japonaise, mêlant le son pop anglais au style kayokyoku en vogue à l’époque, tandis que des chanteurs empruntent aux mélodies de l’enka pour donner une âme à leurs couplets pop, ou que des guitaristes aventureux fusionnent le son surf et les musiques traditionnelles. Mais au-delà de la musique et des expérimentations en tout genre, pour Takashi Mizutani et sa bande, tout cela manque de substance.

Tous ces groupes sont fun et cool – pour ceux qui sortent du lot – mais il manque une bande-son pour les émeutes étudiantes, ou pour la poésie qu’on lit dans les cafés, devant un auditoire restreint, dans des volutes de fumée de cigarette. Mizutani et Nakamura proposent à Wakabayashi de prendre la basse. Il ne sait pas jouer ? Ce n’est pas un problème, il apprendra. Pour le moment, il a l’essentiel : un look, des goûts sûrs et des idées. Peu de temps après, Kato Takashi, un ancien camarade de lycée de Nakamura, batteur de jazz, vient clore ce recrutement hétéroclite, mais motivé.

En 1968, le rock n’est pas encore la musique des parents : il appartient à la jeunesse, partout dans le monde où l’électricité se propage. Les pionniers américains du rock’n’roll ont laissé place aux Anglais, qui l’ont emmené ailleurs – loin du bayou, loin des plantations de coton, loin des montagnes. Le rock’n’roll a muté : c’est un champ des possibles, où peuvent se croiser Jean-Sébastien Bach, la musique sérielle, le doo-wop, le raga indien et toutes les musiques folkloriques du monde. Pop rock, folk rock, rock – peu importe. Le rock est ce que l’on en fait, avec ses influences et avec ses tripes, des Beach Boys à Black Sabbath, jusqu’à un groupe d’inconnus qui joue dans son garage et que l’on redécouvrira, vingt ans plus tard sur une compilation des sixties.

Pour Mizutani, Nakamura et Wakabayashi, il faut amener le rock japonais ailleurs, lui donner une autre couleur. Ne pas faire du rock en japonais, mais faire advenir un rock japonais. Certains groupes locaux trouvent grâce à leurs yeux, comme les Jacks. Tout n’est pas à jeter, ils le savent. Mais pour ces trois-là, il ne faut pas attendre que la nouveauté surgisse : il faut créer, tout de suite, un nouveau territoire musical qui réponde à leur attente. Ils ne seront pas seuls. Ils seront accompagnés d’une myriade de groupes – comme le Flower Travellin’ Band pour n’en citer qu’un, mais décisif – qui, eux aussi, vont explorer et produire de nouveaux espaces sonores.

Sur leur nom, tout a été dit – et surtout, inventé. Mais la réalité est bien ailleurs : aucune référence au Festin nu de William Burroughs. Le fantasme du groupe rock à haut potentiel intellectuel, influencé par les écrivains de la beat generation, le surréalisme et toutes les avant-gardes : trop facile. Parfois, les choses sont aussi simples que trois amis marchant dans les rues froides de Kyoto, en hiver, après avoir assisté à un concert de The Mops au Kyoto Kaikan, ivres, et probablement sous amphétamines. Ils blaguent, refont le monde ou s’imaginent sur scène, jusqu’au moment où l’un des gars de la bande, pris par la joie, la fougue de la jeunesse et de l’alcool, crie dans la nuit, comme un chant de victoire qu’ils sont les Rallizes ! Un mot étrange qui serait une version francisée du pluriel anglais de rally. Rallies, donc. À moins qu’il ne s’agisse d’une version francisée d’un mot d’argot japonais, rariru, qui désigne un état de léthargie ou d’excitation totale dû à la consommation de stupéfiants – dont l’expression française la plus proche serait : « être défoncé ». Mais là encore, rien n’est sûr. « Rallizes tout seul, ça manquait de punch, alors on a ajouté Dénudés [Hadaka en japonais]. C’est venu spontanément, comme une illumination. Pas une référence à Burroughs ou son Naked Lunch – ça, c’est une explication inventée. C’était plutôt une volonté de se montrer à nu, sans faux-semblants. Une sorte d’appel inconscient à la vérité. Mizutani a dit un jour : “C’est quand ma guitare a fait un premier feedback que notre direction s’est imposée.” Pour moi, c’est le moment où le nom du groupe a été trouvé qui a défini cette direction », dira plus tard Wakabayashi, dans une rare interview accordée à Buzz Feed Japon, en 2017.

La formation commence par faire des reprises, passage obligé pour tous les jeunes groupes en construction. Ce n’est pas encore le moment de partir dans de longues sessions d’improvisation psychédélique et électrique : tout le monde n’a pas le même niveau. Wakabayashi a fait des progrès, mais pas encore assez pour expérimenter librement. Le groupe fait ses gammes sur des hits de la British Invasion, accessibles à tous, comme Tobacco Road des Nashville Teens, et prend des allures de véritable groupe de garage, répétant dans un entrepôt prêté par un ami, dans la petite ville de Kusatsu, dans la préfecture de Shiga – à une heure de l’université de Doshisha. L’équipement est sommaire : Wakabayashi joue sur une basse achetée à crédit, et Mizutani tente de modifier sa pédale wah-wah pour en faire une pédale de distorsion. Le groupe est dans une phase d’éveil. Il passe son temps dans un jazz-café près de l’université Ritsumeikan, le Shankureeru, fréquenté par des poètes, des cinéastes et des artistes en tout genre, qui participent à affiner leur goût et leur esthétique. C’est l’émulsion : l’art, la poésie, le cinéma, le rock, le théâtre.

Un groupe, un nom – mais il faut encore un look : la mode est au flower power, et la bande veut des chemises à fleurs. Mais pour en acheter, il faut aller au rayon femme des grands magasins. Les Rallizes soignent leur apparence. En 1968, être un groupe de rock, c’est aussi s’affirmer. Ils traînent dans les surplus militaires de Shinkyogoku, à la recherche d’uniformes et d’accessoires. Il faut aussi voir ce qu’il se passe ailleurs, à Tokyo. Ils prennent le train pour découvrir la scène, les clubs, les salles de concert… Un soir, dans un café nocturne, ils rencontrent le photographe Tadashi Omori qui, intrigué par la dégaine du trio, leur propose une séance photo le lendemain, dans les rues d’Aomori. Les clichés paraissent dans le numéro de juin 1968 de la revue de référence Camera Mainichi. Le groupe n’est alors encore qu’un obscur trio de garage rock de la faculté de Doshisha, inconnu de tous, et dont le premier concert – donné lors de la soirée dansante du club photo de l’université – est un fiasco total : une succession de reprises plus ou moins ratées des classiques de l’époque, qui laissent l’assistance de marbre, à l’exception d’une bande d’amis présents qui s’efforcent de danser et de secouer les cheveux pour sauver les meubles… et la face du groupe. Les Rallizes Dénudés se cherchent encore. Ils ne se sont pas tout à fait trouvés, pas encore. Mais ça arrive. Et plus vite que prévu. 

Les Rallizes Dénudés, c’est aussi ce groupe dont on parle pour autre chose que la musique – ce qui participe à son aura de formation incandescente et sombre. Certains de ses membres prennent part, comme beaucoup d’étudiants à la fin des années soixante, à l’effervescence politique qui secoue le Japon : les manifestations contre le traité de sécurité entre les États-Unis et le Japon, la guerre du Vietnam, la corruption des élites politiques et financières, l’occupation d’Okinawa… Des manifestations impressionnantes, menées par des étudiants casqués et masqués, qui virent à l’affrontement contre les forces de l’ordre, avec une radicalité et une violence qui vont crescendo. Moriaki Wakabayashi, le bassiste, quitte le groupe en 1968. La colère n’est pas retombée et l’art n’est pas un exutoire assez puissant : il s’engage corps et âme dans le mouvement étudiant. En 1970, il est arrêté après avoir participé à l’occupation de la tour Yasuda de l’université de Tokyo. Pendant trois jours, 8 000 policiers tentent de déloger une centaine d’étudiants du Zengakuren, retranchés derrière des barricades, qui ripostent à coups de chants révolutionnaires, de jets d’acide et de cocktails Molotov – un événement retransmis en direct à la télévision, qui captive le public japonais.

La révolte étudiante devient un spectacle comme un autre, que l’on suit et commente autour d’un thé ou d’un verre de bière. Puis, le 31 mars 1970, Moriaki Wakabayashi, qui a rejoint une faction de l’Armée rouge japonaise, participe au détournement du vol 351 de la Japan Airlines. Le groupe de révolutionnaires prend le contrôle de l’appareil, armé d’un sabre, en criant : « Nous sommes tous Ashita no Joe ». Les pirates de l’air demandent aux pilotes de prendre la direction de La Havane, à Cuba, pour rejoindre un camp d’entraînement. Mais l’avion n’a pas assez de carburant pour aller si loin, et après quelques péripéties rocambolesques – comme un stop à l’aéroport de Séoul, grimé en aéroport nord-coréen pour tromper les révolutionnaires –, l’avion atterrit à Pyongyang, où les autorités nord-coréennes offrent l’asile aux aspirants guérilleros qui rêvent de libérer l’Asie du joug impérialiste américain. À ce jour, Moriaki Wakabayashi vit toujours en Corée du Nord, à Pyongyang, dans le quartier réservé aux Japonais.

Les Rallizes Dénudés n’ont jamais été un groupe politique au sens strict : pas de message. L’insurrection est artistique, probablement idéologique dans l’esprit, sans jamais devenir un groupe à pamphlet. « Parfois, on tient une guitare, parfois on tient une pancarte. La variété, c’est bien. Mais les chansons engagées, c’est ennuyeux », dira Mizutani, qui participera lui aussi au mouvement étudiant, mais comme un inorganisé, un électron libre de tout dogmatisme, avec un casque noir sur la tête – symbole des étudiants non affiliés à des groupuscules organisés marxistes-léninistes, peu importe l’obédience, et porté, aussi, par les militants anarchistes. Pour Mizutani, l’art, même s’il est politique, est l’expression de l’individualité, et l’insoumission s’exprime d’une autre manière : dans le volume, dans la durée, dans l’étrangeté. Une insurrection esthétique et poétique, à l’opposé de la conception de Wakabayashi : « Ma trajectoire, c’était la révolution ; la leur, c’était l’expression de soi à travers la musique. Chacun a suivi sa propre voie. »

Mizutani dissout le groupe une première fois en 1969, puis le reforme en 1970. Moriaki Wakabayashi est remplacé par Makoto Kubota, un bassiste qui, lui aussi, aura une destinée singulière – mais à l’opposé de son prédécesseur. Quand le jeune Kubota assiste à un concert des Rallizes Dénudés, invité par Mizutani qui cherche à l’enrôler, il sort de la salle tout de suite après y être entré, en se bouchant les oreilles, avant d’y retourner et de se jeter dans le maelstrom sonore de Mizutani. Le concert a lieu au Centre culturel éducatif de Kyoto, une salle de 400 places. Mizutani a fait le tour de l’université de Doshisha pour distribuer les flyers, et c’est comme ça qu’il tombe sur Kubota, un étudiant de deuxième année et membre du club de musique moderne. Le flyer annonce : « Récital n°2 : indulgence. »

Les Rallizes ne sont plus le groupe jouant des reprises des Rolling Stones – ou plus seulement. Ils jouent lourd et fort, le plus fort possible. Trop fort pour Makoto Kubota. Il n’avait jamais assisté à un concert de rock de ce genre, lui qui joue de la bossa-nova et a appris la musique avec le jazz. Il accepte pourtant la proposition de Mizutani de rejoindre le groupe et fera partie de la formation, entre 1969 et 1973. Pour Kubota, c’est un nouveau monde. Mizutani lui fait découvrir Grateful Dead, Jefferson Airplane, le MC5, les Stooges, le Velvet Underground, et les groupes d’avant-garde publiés par le label new-yorkais ESP. Mizutani et Kubota jouent et improvisent ensemble pendant de longs mois dans le petit appartement de Mizutani à Kyoto, avant que celui-ci ne décide de réserver le studio d’enregistrement de l’université de Doshisha pour une seule nuit.

C’est le premier enregistrement du groupe, mais réalisé de manière totalement artisanale et amateur : deux magnétophones à bande ouverte, en mono, les instruments et un petit amplificateur, c’est tout. Mizutani est au chant et à la guitare, Kubota à la basse, à la guitare, un peu de xylophone et de glockenspiel. Pas de batteur, juste des percussions sommaires et artisanales pour garder le rythme, jouées par un type dont tout le monde a oublié le nom. Il en sort une démo : « Jamais je n’aurais imaginé que cette petite démo artisanale vivrait aussi longtemps et toucherait le monde entier », confiera Kubota, pratiquement cinquante ans plus tard. Les Rallizes Dénudés, avec les Taj Mahal Travellers, deviennent rapidement l’un des groupes phares du Club Oz, dans le quartier de Kichijoji, à l’ouest de Tokyo. Salle de concert et espace de rencontre, le lieu devient, en l’espace d’un an, le point de ralliement emblématique d’une scène underground et expérimentale, en marge du système. Les enregistrements live des performances du groupe de Mizutani ont d’ailleurs été réunis dans la compilation The Oz Tapes (2022).

Kubota quittera finalement Mizutani en 1973 pour se consacrer à son autre groupe, The Sunset Gang, dans lequel officie aussi le batteur des Rallizes Dénudés, Shunichiro Shoda. Un groupe produit par Haruomi Hosono, qui fera la première partie d’Eric Clapton aux États-Unis, puis d’INXS, bien plus tard. Une formation douce, à mille lieues de la noise psychédélique et underground des Rallizes, qui puise ses influences à La Nouvelle-Orléans, à Hawaï et à Okinawa. On connaît mieux la vie des bassistes des Rallizes que celle de leur leader, qui, lui, ne deviendra ni un héros pour les militants révolutionnaires, ni un musicien ou producteur de renom. Comme si sa vie devait rester à l’image de sa musique : quelque chose que l’on n’arrive pas vraiment à saisir, une légende en marge. On peut affirmer qu’il a étudié la sociologie et la littérature française. Le reste, on ne sait pas vraiment. Il a séjourné en France, entre 1988 et 1993 – et puis ? Et puis rien. Sinon qu’il abhorrait toutes les rééditions pirates des Rallizes, qu’il ne supportait pas les pochettes, qu’il trouvait laides, et qu’il ne comprenait pas comment on pouvait écouter ces mauvaises copies au son atroce.

Mais a-t-il fait quelque chose pour y remédier ? Pas vraiment. Le groupe ne s’éteint réellement qu’en 1996, après le dernier concert des Rallizes Dénudés au Club Citta de Kawasaki. Entre 1967 et 1996, une quinzaine de musiciens se sont succédé autour de Mizutani. Pour décrire la musique et l’importance de ce groupe, on ne peut que laisser la parole à Harimao, ancien membre du staff du club Oz, avant de rejoindre l’équipe des Rallizes Dénudés, et mémoire vivante de la formation de Mizutani. « Leur apparence même était marquante. Leur musique : tranchante, dure comme l’acier. Les textes étaient chantés en japonais. Un vacarme titanesque déchirait les ténèbres. Des accords simples, répétés à l’infini. Un feedback meurtrier. Pourtant, il se dégageait de ce chaos une sensation étrange, hypnotique, envoûtante. Une sorte de drogue sonore. Certains spectateurs non avertis sortaient de la salle, bouleversés, quelques minutes après le début du concert. Mais la plupart restaient là, cloués, jusqu’à la fin, ensorcelés. »

On ne peut que rêver de ce concert de reformation qui n’aura jamais eu lieu, mais que Kubota et Mizutani avaient envisagé : une tournée mondiale, qui se serait terminée au Budokan de Tokyo, avec la présence de Haruomi Hosono, le Yoda de la pop japonaise en personne, qui avait accepté de participer à ce projet, suite à la demande de Mizutani et grâce à l’entremise de Kubota. L’ordre et le chaos sur une même scène… On ne sait pas vraiment ce que cela aurait pu donner, mais rien que d’y penser, on frissonne… 

En 1976, Les Rallizes Dénudés participent à un concert gratuit produit par le critique musical Akira Aida. Le journaliste, subjugué par le groupe – et par Mizutani, avec qui il partage une attirance pour la culture française – se met en tête de les faire signer sur un label japonais. Aida organise des sessions d’enregistrement en vue de produire une démo. Mais Mizutani ne supporte pas l’idée de devoir porter un casque audio pendant l’enregistrement, ce qui entraîne l’interruption brutale de la session. Aida s’obstine et tente alors de vendre le groupe au label Virgin Records. Une nouvelle démo est enregistrée, que le critique, devenu producteur, apporte lui-même à Londres. Pour le reste, encore une fois, on ne sait que peu de choses. Des négociations auraient eu lieu, avant d’être interrompues. Aida aurait rapporté à Harimao que « au moment même où il proposait les Rallizes, Virgin négociait avec les Sex Pistols », fraîchement virés d’EMI. Pour leur offrir une avance colossale, le label aurait commencé à résilier les contrats d’une cinquantaine d’autres groupes, ne gardant que les plus rentables. C’est dans ce contexte économique tendu que le projet de signature des Rallizes aurait été abandonné. Leur musique, trop marginale, trop risquée commercialement, ne pouvait rivaliser avec les impératifs financiers et médiatiques liés au boom du punk britannique.

À la mort de Mizutani, et sous l’impulsion de sa famille, Makoto Kubota, aidé d’ancien membre et proche du groupe, reprend du service et décide de distribuer au monde l’héritage de Mizutani, sa musique. Et pour les fans, il ne reste plus qu’à tourner le dos aux bootlegs et à suivre le travail immense entrepris par Kubota pour préserver le son de celui qu’il a toujours considéré comme son mentor.

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