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Interviews

Ailerons délirants : entretien avec Morito Inoue

En 2026, la sélection asiatique du Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) fit la part belle aux étranges créatures du cinéma japonais. Jovial trentenaire signataire de nombreux court-métrages tokusatsu primés, Morihito « Morito » Inoue se fait un nom au sein des compétitions internationales avec sa comédie horrifique Hotspring Sharkattack/Onsen Shark (2024). Avec ce premier long-métrage financé via crowdfunding, le jeune cinéaste lâchait une armada de requins dans les sources d’eau chaude d’Atami. Succès oblige, il enchaîna Hotspring Sharkattack 2 : Great Kyushu Showdown (2026), qui multiplies gags et les variétés de squales. Rencontre avec l’une des jeunes pousses les plus prometteuse du tokusatsu.

Otomo

Les Rallizes Dénudés : Noir psyché

Les Rallizes Dénudés est un groupe à part, culte, acteur d’un underground japonais radical, dont l’histoire s’est perdue dans les méandres de l’exégèse hagiographique de ses fans. Ces derniers ont construit, à travers le monde, une véritable mythologie autour de la formation tokyoïte, bien aidés par le chanteur et guitariste Takashi Mizutani. Décédé en 2019, celui-ci a longtemps cultivé une forme de sobriété biographique et médiatique, donnant au groupe des allures de formation fantôme dont la musique s’est propagée comme une onde pirate, telle la Sadako de la VHS de Ring, circulant sur des CD-R, des MP3 et des bootlegs au son parfois inaudible, aussi bien sur cassette que sur CD ou vinyle.

Interviews

L’amour au temps de la pop culture : entretien avec Agnès Giard

« Si on aime quelqu’un, peu importe que cette personne soit réelle ou pas », affirme Hitofusa Nekonasu au lendemain de son mariage. Yakumo Reno, la jeune épouse, n’est autre qu’un personnage du jeu de smartphone Eki-Memo. Boyfriends téléchargeables, amoureuses pixelisées, poupées ou hologrammes : au Japon, certains revendiquent le droit à des formes inédites d’amour. Ces nouveaux amoureux se lancent à corps perdu dans des relations à sens unique, à distance. Et quelle distance, puisque les bien-aimés se trouvent littéralement dans un autre plan de la réalité – celui de la fiction. Anthropologue et journaliste, Agnès Giard explore depuis des années les imaginaires érotiques et amoureux du Japon. Son travail révèle combien l’amour est une question à la fois universelle et profondément culturelle. Ses codes, ses interdits, ses formes diffèrent, mais la quête de lien demeure. Aime-t-on autrement au Japon ?

Otomo

La Tour du Soleil et Okamoto : l’art, c'est l’explosion

Il ne reste pas grand-chose de l’exposition universelle d’Osaka de 1970 : quelques structures, un musée passionnant et, pour le bonheur de tous et de toutes, une œuvre phénoménale, à la fois artistique et mystique… La Tour du Soleil de Taro Okamoto est une icône pop culturelle que l’on rejoint d’Osaka depuis la garde d’Umeda, en prenant la ligne Midosuji, puis le monorail, pour un voyage aux mille chemins, vers soi et vers les autres. Son œuvre hybride, d’une provocatrice modernité, fait l’objet, au Musée du Quai Branly, d’une exposition unique. Taro Okamoto : un Japon réinventé éclaire l’évolution d’un artiste inclassable, en quête d’un langage universel, pour redécouvrir le Japon à travers la richesse de son regard.

Otomo

Lady Snowblood ou la princesse neige-carnage

Un asura, dans la mythologie indouiste, est décrit comme un demi-dieu vengeur qui ne peut jamais connaitre le vrai bonheur – ses désirs ne seront jamais satisfaits, et bien que son existence soit imprégnée de plaisirs charnels, un asura ne sera jamais vraiment heureux. Ce mythe fournit une description appropriée à l’héroïne de Toshiya Fujita en 1973, Lady Snowblood. Dans ce film, Fujita (et son actrice principale Meiko Kaji) tisse un conte sombre et visuellement magnifique sur le destin, la haine, la violence et le prix de la vengeance.