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Club VHS : Another 48 hours

Another 48 hours (48 heures de plus – 1990 - Walter Hil) Par Hal Israel
Club VHS : Another 48 hours

Huit ans après leur première lune de miel, le couple Nolte/Murphy reprend du service, une fois de plus, sous la houlette du vétéran Walter Hill qui n’en finit déjà plus de réaliser des westerns déguisés en polars urbains, violents et nerveux. 


De la séquence d’introduction des motards, qui cite Leone, à son traditionnel gunfight final largement inspiré, encore une fois, par son maître Peckinpah, Hill sort des années 80 avec panache et boucle son sujet avec le talent du réalisateur qui sait exactement où il fout les pieds. 48 heures (1982), premier du nom, scellait le pacte de deux personnages iconiques du buddy movie : le black roublard et le flic taciturne.


À l’orée des 80’s, Nick Nolte prend déjà son million de dollars de cachet, alors que Murphy n’a droit qu’à la moitié. Il est déjà une star de la télé via le Saturday Night Live, mais pas encore la référence sur grand écran qu’il deviendra au gré de ses films taillés sur mesure de la décennie reine du divertissement. 1990, année de sortie de cette suite, tardive en comparaison d’autres sequels, inverse la tendance. Cette fois, Eddie Murphy prend ses 7 millions et Nolte doit se contenter de 3. La carrière du comique amorce un léger déclin, Walter Hill est donc mandaté par Paramount pour casser la baraque avec ce remake à peine déguisé du premier volet. En 1990, 48 heures de plus est un inévitable gros film du samedi soir.

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L’inspecteur Jack Cates (Nolte) est au bord du gouffre à cause de son entêtement à démasquer par tous les moyens nécessaires, le plus gros dealer de San Francisco, l’Ange Bleu. Il doit encore une fois compter sur Reggie Hammond (Murphy), qui pourrit trois ans de plus derrière les barreaux. Face à eux, un trio de motards engagés par l’Ange Bleu, trio auto-proclamé « derniers vrais américains ». Desperados modernes assoiffés de sang et de biftons, ces loubards (merci la VF) passeront la ville par les armes pour s’assurer une vengeance scénaristique alambiquée, glissée dans les mécanismes d’un scénario simpliste jusqu’à la moelle, avec pour but de tisser un lien cohérent avec le premier film (cf. L’Arme fatale 2, lorsque Riggs apprend que les trafiquants sud-africains sont responsables de la mort de sa femme). Mais alors si tout ça ne respire pas l’originalité, pourquoi 48 Heures de plus mérite-t-il sa place dans ces pages ?


Parce que Walter Hill est un auteur qui sait parfaitement comment embarquer ses spectateurs pour une virée violente et fun, gavée de punchlines mythiques. Contraint, face au statut de superstar de Murphy, de lui allouer le plus de temps de présence possible à l’écran, Hill et ses scénaristes sacrifient tous les seconds couteaux, à commencer par le commissaire (qui lui est définitivement coupé au montage), et les deux collègues de Jack Cates, les indispensables et fidèles Brion James et Ed O’Ross. La table de montage fait la loi, si bien que lors de la révélation finale sur l’identité du fameux Ange Bleu, impossible de ne pas se dire que tout ça a été écrit dans la précipitation la plus complète.


Qu’importe, le rythme de cette suite ne faiblit jamais. Les motards sont le contre point idéal du duo de héros. Violents, incontrôlables, chacune de leur apparition donne au film son aura de partition instantanément culte, et crépusculaire. Oui, parce qu’après 48 heures de plus, Hill ne reviendra plus au buddy movie, Nolte et Murphy ne travailleront plus ensemble et toute la tripotée de ganaches qui les accompagnent dans ce trip de vétérans disparaîtra petit à petit des écrans de cinéma. Un film comme on n’en fera plus jamais, drôlement vulgaire et violent, reflet d’une époque si lointaine que ses propres instigateurs en ont perdu les recettes.


Another 48 hours (48 heures de plus – 1990 - Walter Hil)


Par Hal Israel