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Club VHS : Young Guns

Young Guns (Christopher Cain – 1988) Par Jac Carvalho
Club VHS : Young Guns

Fin des années 80, le western a fini de faire rêver Hollywood qui a remplacé les colts par des Beretta, les canassons par des voitures puissantes et les indiens par des trafiquants de drogues balafrés


L’Ouest américain prend désormais place au cœur de Los Angeles ou New York. Young Guns est l’une des rares introspections au milieu des cow-boys de cette époque et a la particularité d’avoir donné un second souffle aux bons vieux films de John Wayne tout en s’éloignant des canons du Spaghetti.


Tout d’abord, le casting du film repose sur les seconds couteaux du Brat Pack, initié avec le Breakfast Club de Hughes, le Outsiders de Coppola et auquel seront assimilés les acteurs ados de la nouvelle vague de la fin des années 80, comme Patrick Swayze, Tom Cruise, Matt Dillon, John Cusack et le casting de Young Guns.

L’intrigue du film réinterprète les événements de la guerre du comté de Lincoln et dresse un portrait acidulé et nihiliste du jeune William H. Bonney, a.k.a. William Henry McCarty, Jr. a.k.a. William Antrim, a.k.a. El Chivato, Billy le kid !


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Avec Emilio Estevez dans rôle principal, accompagné de Lou Diamond Phillips, oui le mec de La Bamba, un Charlie Sheen pas encore totalement fucked up, un Dermot Mulroney méconnaissable, un Kiefer Sutherland déjà au top, un Casey Siemaszko en finesse, le tout accompagné de Terry « John Locke » O’Quinn, Terence « Zod » Stamp, Jack « Fucking » Palance et quelques autres briscards du western, histoire d’encadrer la jeunesse.

Ce qui fait de Young Guns un film jouissif, c’est tout d’abord l’équipe des « Regulators » au sein de laquelle chacun des personnages a une personnalité propre, un style bien à lui et une bonne dose de gouaille. Un vrai film d’équipe, encore une fois, qui sait donner du temps à ces héros pour exister.


La relecture de Billy the Kid en jeune flingueur violent, mal dans sa peau, psychopathe, égocentrique et manipulateur, fait de lui un anti-héros complexe et très éloigné des clichés du cow-boy. Billy fera traverser les plaines, les ranchs et les rocheuses à sa troupe de colts brisés par la vie – que Tunstall avait pour un temps réussi à recoller - dans une plongée vertigineuse dans le maelstrom de sa psyché, faite de meurtres et de vengeance. Comme le groupe, on suit aveuglément la dérive de Billy, qui prend comme prétexte la mort de son bienfaiteur, pour, à nouveau, sombrer dans une violence rageuse et entraîner ses partenaires dans sa chute. Car ce qui transpire de Billy et qui est encore plus marqué dans le second film (que je vous recommande de vous mater directement après, pour un « Saturday Night Double Feature » parfait), c’est le « viscéral » dont a besoin d’être entouré le personnage du Kid. Comme si pour briller il fallait qu’il se reflète dans les yeux terrorisés de ses camarades, comme si la solitude soufflerait instantanément la flamme vacillante qui le fait avancer. L’amitié, le respect et la croyance en l’autre sont au cœur du drame de la vie de Billy et au cœur des relations qu’il entretient avec les régulateurs de Lincoln et le shérif Pat Garret, qui comme l’histoire nous l’a appris, finira par le trahir, car qui sème le vent récolte toujours la tempête. 


Young Guns (Christopher Cain – 1988)


Par Jac Carvalho