Rockyrama

Ridley Scott avant Alien : naissance d’un réalisateur

Difficile à croire : Alien n’est que le deuxième long-métrage de Ridley Scott. À l’époque où le réalisateur se lance dans le projet, son nom ne compte pas encore, malgré un premier film parfait au succès d’estime : Les Duellistes. Si Ridley Scott s’impose à Hollywood tardivement, il saura mettre à profit toute l’expérience emmagasinée auparavant : une solide formation pluridisciplinaire, une première vie de publicitaire et une collaboration fructueuse avec la BBC.

JACKASS : Requiem pour un con

Considérée au début des années 2000 comme le mètre étalon de la connerie pure, l’aventure Jackass a attisé le mépris. Pourtant, faire de Knoxville et son gang les champions de l’idiocratie, c’est leur faire trop d’honneur et manquer l’essentiel. Jackass, ce n’est pas que mille et une façons de s’exploser un testicule en vidéo. C’est aussi l’une des dernières productions télévisuelles contre-culturelles à atteindre un succès populaire. En trois saisons, ils ont laissé une trace (de pneu ?) magistrale dans l’histoire de MTV. Petit éloge funèbre à la mémoire de ce show scélérat.

Bob Gale, conteur du quotidien fantastique

Dans l’ombre de la légendaire franchise Back to the Future, il y a bien sûr la trajectoire fulgurante de Michael J. Fox, la réalisation d’orfèvre signée Robert Zemeckis, la folie douce de Christopher Lloyd, la production Amblin de Steven Spielberg ou la méchanceté cartoonesque de Thomas F. Wilson, alias Biff Tannen. Moins médiatisé et mis en avant à la sortie du film, il y a pourtant un autre inconnu dans l’équation la plus réussie de voyage dans le temps au cinéma.

James Gray ou l’incompréhension permanente

Il paraît que le propre des génies est d'être incompris. Cette maxime s'applique à James Gray sans doute plus qu'à tout autre cinéaste contemporain. Auteur de cinq films magistraux, James Gray a acquis le statut d'auteur majuscule aux États-Unis comme en France, pays de la cinéphilie où l'on aime ériger des statues. Pourtant, au-delà de cette réputation hors norme, le parcours de James Gray se définit par une incompréhension permanente entre le cinéaste, mû par une éthique intransigeante, et le reste du monde : conflit dantesque avec ses producteurs, dialogue de sourds avec les studios, échecs publics des films, descente en flèche par la critique, accueil glacial dans les festivals. Aucune de ses oeuvres ne sera jamais bien reçue au premier abord, quitte à être réévaluée parfois des années plus tard. C'est à se demander comment James Gray a pu acquérir une telle aura...

Blade Runner : Douglas Trumbull, le magicien des effets spéciaux

Fut un temps pas si lointain où les effets spéciaux étaient fabriqués “pour de vrai”. A l’aide d’optiques, de miniatures, de maquettes et… de bidouilles. Douglas Trumbull, maître incontesté en la matière, avec Richard Yuricich et tout leur crew d’EEG (pour Entertainment Effects Group), se sont surpassés pour se conformer au perfectionnisme kubrickien d’un Ridley Scott à qui on ne la fait pas. Blade Runner est ainsi devenu l’ultime maître-étalon de l’ère pré-numérique.

Rocky, une histoire de l'Amérique

La saga Rocky n’est pas qu’une série de bons films de boxe. Étalée sur plus de quarante ans, elle raconte aussi une histoire de l’Amérique contemporaine. De ses débuts, au lendemain de la défaite au Viêt Nam, à l’après-11 septembre, en passant par les tensions de la guerre froide pendant les années quatre-vingt, la saga Rocky est un miroir dans lequel l’Amérique peut rétrospectivement contempler l’évolution de son moral. Une Amérique parfois victorieuse, parfois doutant d’elle-même, comme le boxeur au fil des sept épisodes.