Rockyrama

Shining : Que se cache-t-il derrière la photographie de l'Overlook Hotel ?

Et si Stanley Kubrick avait malgré lui inventé tout un pan de la culture Internet moderne ? La question semble au mieux insensée, au pire stupide. Et pourtant… Room 237 est un documentaire américain sorti en 2012, illustrant et décortiquant neuf théories particulièrement étranges imaginées par des fans – eux aussi un brin illuminés – du classique de Stanley Kubrick, Shining. Entre autres idées avancées ici : le petit Danny arpentant l’hôtel sur son tricycle serait une métaphore du cerveau de ses parents, et Kubrick aurait réalisé des prises de vues factices pour la NASA. Lors de la sortie de ce documentaire, Leon Vitali, ami et proche collaborateur du cinéaste, le qualifia dans les pages du New York Times de « tissu d'inepties issues de l'imagination fertile d'esprits farfelus ». Mais l’essentiel est ailleurs.

Du venin dans les veines

De 1985 à 1988, Sylvester Stallone est le roi d’Hollywood. Les triomphes successifs de Rambo II : La Mission et Rocky IV, dont il est le principal maître d’œuvre, lui ouvrent toutes les portes. Il en profite alors pour asseoir son complexe d’infériorité/supériorité et… faire n’importe quoi avec sa carrière, comme en témoignent les régressifs Over the Top et Rambo III. Mais c’est encore Cobra, sorte de version complètement dégénérée de L’Inspecteur Harry, qui synthétise le mieux cette drôle de période que les fans surnomment « les années Brigitte Nielsen ». Et le terme n’est pas forcément affectueux…

Happy Meal : les raw eggs de Rocky Balboa

La sonnerie du réveil retentit, brutale comme un crochet du droit...ou comme le son strident qui marque la fin d’un ring. 4 heures du mat’. La chambre exigüe est encore plongée dans l’obscurité. Le working class hero à peine (r)éveillé. Pas de champ du coq dans la banlieue américaine, mais cinq œufs, brutalement cassés face-caméra, glissant au fond d’un verre posé sur le toit du frigo. Les mains douces et fermes qui effectuent ce geste primaire de cuistot seront bientôt légendaires. S’en jamais avoir osé y poser ses lèvres, n’importe quel quidam a en tête ce ptit déj’ des champions.

Le conte d’une cité : La trilogie The Dark Knight ou le 11 septembre selon Christopher Nolan

Né en Angleterre où il a fait ses études et son premier long métrage, Christopher Nolan sera sans doute toujours considéré comme un cinéaste britannique. Le sérieux de ses réalisations et de la personnalité qu’il cultive, peut-être malgré lui, ne fait que nourrir le cliché du flegme british. Une perception partielle du personnage s’il en est, et peu étonnante, tant peu de gens savent que le metteur en scène possède en réalité la double-nationalité. Élevé par un père anglais et une mère américaine, Nolan a même partagé son enfance entre Londres et Chicago. Cependant, ceci n’est pas le conte de deux cités, mais d’une seule. En 2004, quand Christopher Nolan entame le tournage de Batman Begins, son premier blockbuster, il va d’emblée ramener quelque chose d’intime, de son enfance, en choisissant Chicago comme doublure de Gotham City. La ville fictive de Nolan s’inspire de plusieurs métropoles, mais la majeure partie des scènes tournées en extérieur se situent dans la ville où il a grandi,

TANGO & CASH : True Bromance

Imaginez un film d’action dans lequel Sylvester Stallone tente de casser son image de bourrin en mettant des lunettes pour se donner de petits airs d’intello, dans lequel Kurt Russell enfile des bas résille pour échapper à la police et dans lequel Jack Palance fait mumuse avec deux souris de laboratoire en déclamant son texte d’un air péremptoire. Imaginez que ce film d’action passe du polar pur et dur au film de prison, pour terminer sur un climax digne d’un cartoon un peu concon du samedi matin. Vous ne rêvez pas : ce film d’action existe, il s’appelle Tango & Cash, et c’est la quintessence du buddy movie dégénéré de la toute fin des années quatre-vingt. Et vous savez quoi ? C’est aussi pour ça qu’on l’aime !

Millennium Actress, la dernière séance

En 1997, Satoshi Kon éclabousse de son talent le cinéma avec son premier film d’animation, Perfect Blue. Le deuxième opus du réalisateur, Millennium Actress, est un long métrage qui fait partie de ces œuvres «importantes». Il ne faut pas avoir peur des mots. C’est une proposition artistique qui n’est pas motivée par le seul plaisir du public, mais aussi (parce que les portes que Satoshi Kon ouvre et ferme forcent le spectateur à l’exigence), par le besoin de s’emparer de l’histoire du Japon. Et ceci pour mieux pénétrer cette histoire insensée d’amour fou, qui prend des chemins alambiqués et s’échappe sur plusieurs niveaux de fictions et de réalités.

Une femme parmi les monstres, l’histoire secrète de Milicent Patrick

Actrice, peintre, animatrice, mannequin, spécialiste des effets spéciaux : la créatrice du « Gill-Man » de L’Étrange Créature du lac noir, est l’une des légendes les mieux cachées d’Hollywood. Milicent Patrick aura pourtant œuvré à l’ombre des puissants de cette phallocratie, qui finira par tenter de l’évincer de l’histoire du cinéma. Il est donc plus que temps de rendre justice à cette femme aussi brillante qu’insaisissable.