Rockyrama

L'Homme qui tua Liberty Valance : la dernière séance

Un « truel » entre trois Amériques, trois hommes et trois gueules : John Wayne, James Stewart et Lee Marvin. C’est à peu de chose près ce que nous propose l’avant-dernier western de l’immense John Ford qui, dans ce film-testament mélancolique, ausculte la métamorphose d’une nation en pleine crise de maturité. C’est peut-être parce que ce film est un adieu – l’adieu à un genre, le western, devenu pays imaginaire de Ford – que le cinéaste réalise ce long-métrage en noir et blanc, au grand dam de la Paramount qui veut à tout prix que le film soit en couleur, comme la télévision. Hollywood craint que le petit écran ne lui vole la vedette. Mais Ford résiste et propose même un objet cinématographique différent et minimaliste. Pas de couleurs donc, mais pas non plus de grands espaces. Les spectateurs et les spectatrices ne doivent pas se perdre dans le superflu, mais dans le propos méditatif que nous offre le film. En l’espèce, une réflexion sur l’Amérique, ni plus ni moins.

True Romance : Alabama vs. Virgil

Lorsque Quentin Tarantino co-écrit le scénario de True Romance avec Roger Avary, il choisit de s'inspirer directement de ce qu'il connaît. Le personnage principal, Clarence (Christian Slater), tient presque plus de l'autobiographie que de la fiction : il travaille dans un magasin de comics (en lieu et place d'une boutique de location de VHS), se rend régulièrement au cinéma, et s'épanche souvent sur ses obsessions (à savoir les arts martiaux et Elvis Presley) auprès de qui veut l'entendre. Le personnage joué par Brad Pitt, un stoner constamment vissé sur son canapé avec un bong à portée de main, est un amalgame de tous les colocataires avec qui Tarantino a dû cohabiter quand il était trop fauché pour se prendre un appartement seul.

The Big Sleep, sommet du film noir hollywoodien

Dans la serre tropicale où se terre le vieux général Sternwood, une longue silhouette se faufile le long des orchidées. Le détective privé Philip Marlowe (Humphrey Bogart) est convoqué par le patriarche infirme pour mettre un terme au scandale qui secoue sa famille. Père de deux créatures aussi charmantes que délurées, le général fait l’objet d’un chantage sordide au sujet de sa cadette, Carmen. Mais Marlowe se laisse vite troubler par l’impitoyable Vivian (Lauren Bacall), la plus âgée des filles Sternwood. Bientôt, son enquête le mène jusqu’au cadavre du maître chanteur, qui disparaît ensuite mystérieusement. Vivian et Carmen sont plus suspectes que jamais…

Matrix Reloaded : L'Architecte

Il s’agit probablement de la scène la plus célèbre (mais aussi la plus moquée) de Matrix Reloaded, celle qui en 2003 a définitivement séparé le public en deux groupes : les admiratifs, qui allaient nourrir les rangs d’exégètes sur Internet ; et les déçus, dont la colère a fait trembler les pontes de la Warner. Cela tombe bien, cette notion de séparation (mais aussi l’exégèse et la colère) est précisément au cœur de cette séquence assez unique dans l’histoire du blockbuster.