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Rockyrama

Delphine Seyrig : déesse d’avant-garde

Un fil rouge se déroule, liant paradoxalement des mythes que rien ne rapproche, de Marilyn Monroe à Marguerite Duras, passant par Jim Morrison, Ella Maillart, Jasper Johns, Luis Buñuel, Simone de Beauvoir, Jack Kerouac, André Breton ou Jane Fonda. Ce fil, c’est la vie de l’actrice et réalisatrice Delphine Seyrig, qui fût de tous les combats féministes. Uniques, sa voix et son mystère ont envoûté plusieurs générations, sur scène ou dans des films singuliers, de l’avant-garde aux succès populaires.

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Il était une fois… Anora

Palme d’or du dernier Festival de Cannes, Anora est un film touche-à-tout, conte de fées sexy et comédie d’action, mais aussi portrait touchant et décapant d’une jeune femme en quête d’ascension sociale dans une société américaine plus fracturée que jamais. Pour son septième film, Sean Baker s'aventure avec un sens de l'observation du néo-capitalisme et un humour burlesque dans un tout autre registre où règne l'imprévisible, pour le plus grand bonheur du spectateur.

Vidéo Pizza

Vampires : Ça va saigner

Comme toujours chez John Carpenter, il suffit d'une poignée de minutes pour planter le décor. Les étendues arides du Nouveau-Mexique, une bande de cowboys armés jusqu'aux dents accompagnés d'un prêtre flippé et, au bout de leur attirail, des vermines assassines à dézinguer. Un avant-goût si limpide qu'il nous renverrait presque aux westerns matriciels de Budd Boetticher et Raoul Walsh. Oui, mais voilà, Vampires est une œuvre du maître de l'horreur. Autrement dit, un tableau d'apocalypse aux tonalités sanglantes et à la violence primale. Aux antipodes des fresques romantiques de Neil Jordan (Entretien avec un vampire) et Francis Ford Coppola (Dracula), Carpenter prend le mythe vampirique au col pour le purger de tout lyrisme. Ici, le prince de la nuit n'est qu'une bête sauvage et ceux qui le traquent le sont tout autant. Ça va saigner.

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François Truffaut, l'enfant sauvage.

C’était il y a quarante ans, un décès qui marquait la fin d’une époque. Lorsque Truffaut meurt, la Nouvelle Vague s’abîme dans les années quatre-vingt. La nouvelle décennie achève l’illusion de légèreté et de changement portée par les idéaux de l’après-guerre. La réalité rattrape tout : les corps, les villes, les campagnes. Place à la France de l’après plein emploi, aux passions détruites par le SIDA et à un cinéma français qui ne peut éviter plus longtemps les contrecoups de la fin d’un rêve.

Otomo

Godzilla Minus One : Décryptage d’un carton-monstre

Avec plus de 100 millions de dollars au box-office mondial, une nomination aux Oscars 2024 et une réception critique et publique triomphale, Godzilla Minus One, trentième long-métrage live des studios Toho, consacré au Roi des Monstres, a défié tous les pronostics pour s’imposer comme la grande surprise cinématographique de l’hiver 2023-2024. Le film de Takashi Yamazaki semble avoir réalisé l’alignement de planètes parfait pour permettre de réunir enfin les aficionados du kaiju eiga et les non-initiés au genre. Pour Toho, ce succès international inattendu arrive à point nommé pour le soixante-dixième anniversaire de Godzilla. Décryptage d’un carton-monstre…

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Ghosts of Mars : Jogging, trampoline et heavy metal

À la fin des années quatre-vingt-dix, la simple annonce d'un nouveau film de Big John provoquait encore un enthousiasme digne de ce nom. Bien que Los Angeles 2013 (1996) ait refroidi à peu près tout le monde, rien ne pouvait encore ébranler la déférence quasi religieuse du public envers le maître. Avec Vampires (1998), Carpenter nous livrait un néo-western aride, généreux en gore et chargé de punchlines sous la ceinture déclamées par un James Woods en très grande forme. Après un petit succès confirmé à l'international, le public attend fébrilement le prochain film de Carpenter. Et là, sous nos yeux ébahis – et sans aucun mode d'emploi – vint Ghosts of Mars. Avec ce film, initialement prévu comme le troisième volet qui aurait conclu une « trilogie Snake Plissken », le studio fait un 180° suite à la douche froide du précédent film et décrète que Kurt Russell n'est plus l'idole des jeunes.

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Le mystère John Cazale

« J’ai plus appris sur le jeu d’acteur de John que de n’importe qui » a déclaré Al Pacino. Admiré par Francis Ford Coppola, Michael Cimino et Sidney Lumet, John Cazale a joué dans cinq de leurs plus grands films. En seulement six ans de carrière cinématographique de 1972 à 1978, il est le seul à avoir réalisé le grand chelem : quatre rôles courts mais intenses dans cinq films, tous unanimement reconnus comme des chefs-d’œuvre, et nommés « meilleur film » aux Oscars. Parmi ces performances, celle, inoubliable, de Fredo, le Judas touchant de la famille Corleone dans Le Parrain. La mort brutale de Cazale a interrompu une carrière qui s’annonçait brillante, unique. Il reste une énigme, acteur trop méconnu du grand public mais révéré de ses pairs, hier comme aujourd’hui. Plus qu’un modèle, un mythe.

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The Bikeriders : la horde sauvage

Cramer sa vie pour l’amour de la vitesse et de son clan en laissant de la gomme sur le bitume. Évidemment, le mode de vie des clubs de motards des années soixante – pile entre ceux de L’Équipée sauvage et d’Easy Rider – est sur le papier un sujet éminemment cinématographique. Plus encore si l’on y ajoute un triangle amoureux atypique avec un casting à mettre le feu à un iceberg : Jodie Comer, Austin Butler et Tom Hardy. Mais là où Jeff Nichols rafle vraiment la mise, c’est sur le concentré d’une époque, d’un milieu et surtout, d’une contre-culture américaine : celle décrite par le photographe reporter Danny Lyon dans son livre mythique The Bikeriders (1968) qui a inspiré son film, montrant les codes et les visages d’un « motorcycle club » à Chicago, formé « d’indésirables », dont il a fait partie pendant quatre ans et qu’il a documenté avec autant de justesse que de lyrisme.

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Drive-Away Dolls : Queer à mort, queer amore

Ethan Coen revient avec des « poupées sur la route », non pas en solo comme on a souvent pu le lire, mais en duo d’attaque avec Tricia Cooke, sa compagne. Le projet de ce road-movie lesbien de série B, co-écrit en 2002, est ressorti des tiroirs pendant le Covid – Dieu merci ! – et c’est un festival : festival de cul, festival d’obsessions coeniennes, et festival de comédie. Une balade réjouissante. Avec l’accent sur « joui ».

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May December : le mélodrame vénéneux de Todd Haynes

Cinéaste américain indépendant né en 1961, Todd Haynes n’a cessé de s’attaquer aux mythes fondateurs des États-Unis, tout en questionnant les normes sexuelles et sociales. À la tête d’une œuvre composée de seize films, il interroge les identités, entre artifice et « moi » profond, aliénation et déconstruction. Son dernier film, May December, qui sortira en France le 24 janvier 2024, apporte sa pierre au passionnant édifice qu’est sa filmographie.