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Little Odessa : Crime et Châtiment

Il aura suffi d’un film à James Gray pour inscrire son nom sur la liste des réalisateurs à suivre à Hollywood. Mais c’est pourtant loin de la cité du cinéma et du public américain que le réalisateur bâtira une œuvre toujours pas comprise, ou acceptée, dans son pays d’origine. Trop intello, trop auteurisant, trop européen, sa filmographie trouvera un écho mérité dans les festivals ou chez les cinéphiles, persuadés de tenir là l’un des réalisateurs les plus importants de sa génération. Passionné, minutieux et terriblement doué, Gray prendra son temps pour faire aboutir chacun de ses projets avec la certitude de faire à chaque fois progresser un peu plus son art. Et si l’histoire retient aujourd’hui que ses trois premiers films constituent une trilogie sombre, familiale et personnelle, sa première envie de réalisateur fut un biopic de Neil Bogart, créateur du label disco Casablanca Records.

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Once Upon a Time… in Hollywood : Y a-t-il un film pour sauver Hollywood ?

Once Upon a Time… in Hollywood est un film sur le cinéma. Faire ce constat revient à enfoncer une porte ouverte et pourtant, si Quentin Tarantino s’affiche clairement comme le cinéaste le plus cinéphile de sa génération, c’est la première fois de sa carrière qu’il aborde l’objet de sa passion de manière aussi frontale. Laissant libre cours à sa cinéphilie sans pour autant céder à la nostalgie pure, le réalisateur signe une œuvre à la fois libre et définitive qui utilise le langage même du cinéma pour le consacrer. Pour tenter de comprendre et extraire la richesse de son propos, difficile cependant de ne pas spoiler le film… Mais vous l’avez forcément vu, non ?

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Les flics ne dorment pas la nuit : le polar selon Richard Fleischer

Richard Fleischer est un cinéaste dont le nom n’occupe pas toute la place qu’il mérite dans la mémoire cinéphile. Peut-être à l’instar d’un Robert Wise à cause de sa polyvalence : son talent l’a amené à travailler sur des films très différents les uns des autres : thriller (L'Étrangleur de la place Rillington, 1971), film de guerre (Tora! Tora! Tora! 1970), fantastique (Le Voyage fantastique, 1966), film historique (Mandigo, 1975), de l’adaptation en mode blockbuster de Jules Verne (Vingt mille lieues sous les mers, 1954) à la série Z (Amityville 3D : Le démon, 1983), sans oublier de livrer un classique de l’anticipation (Soleil Vert, 1974). Le cinéphile avisé, devant quelques plans fulgurants de L'Étrangleur de Boston (1967) ou le visionnage des Vikings (1958) sait pourtant ce que l’histoire du cinéma doit à ce grand réalisateur. Peu à peu, grâce aux rééditions de quelques éditeurs avisés, le génie de Richard Fleischer s’impose comme une évidence de plus en plus partagée.

Interviews

Top Gun : Entretien avec Jack Epps Jr., co-scénariste du film

Tout est parti d’un article publié dans le magazine California en mai 1983, pour lequel le journaliste israélien Ehud Yonay s’est rendu à la Navy Fighter Weapons School, plus connue sous le nom de Top Gun. Il y raconte son temps passé avec les pilotes de chasse de l’école qui forme la crème de la crème de l’armée américaine, en s’épanchant sur tout ce qui compose leur quotidien – du « léger arôme de sueur, de cire à chaussures et de kérosène » qui règne dans la salle de briefing, aux instruments de bord d’un F-5 Freedom Fighter. À la lecture de cet article riche en détails et photographies grandioses, les producteurs Jerry Bruckheimer et Don Simpson ont choisi de s’en inspirer pour faire un film. La suite est bien connue : ce film s’appellera Top Gun, constituera le plus gros succès au box-office de l’année 1986 et permettra d’ériger Tom Cruise et Val Kilmer au rang de stars mondiales.

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L'Homme qui tua Liberty Valance : la dernière séance

Un « truel » entre trois Amériques, trois hommes et trois gueules : John Wayne, James Stewart et Lee Marvin. C’est à peu de chose près ce que nous propose l’avant-dernier western de l’immense John Ford qui, dans ce film-testament mélancolique, ausculte la métamorphose d’une nation en pleine crise de maturité. C’est peut-être parce que ce film est un adieu – l’adieu à un genre, le western, devenu pays imaginaire de Ford – que le cinéaste réalise ce long-métrage en noir et blanc, au grand dam de la Paramount qui veut à tout prix que le film soit en couleur, comme la télévision. Hollywood craint que le petit écran ne lui vole la vedette. Mais Ford résiste et propose même un objet cinématographique différent et minimaliste. Pas de couleurs donc, mais pas non plus de grands espaces. Les spectateurs et les spectatrices ne doivent pas se perdre dans le superflu, mais dans le propos méditatif que nous offre le film. En l’espèce, une réflexion sur l’Amérique, ni plus ni moins.