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Jackie Brown, sommet de l’œuvre de Tarantino ?

Quand Quentin Tarantino s’attelle à Jackie Brown, il est plus qu’attendu au tournant. Son premier film, Reservoir Dogs, très malin et particulièrement dans l’air du temps l’avait placé parmi les jeunes espoirs les plus prometteurs du cinéma américain. Le suivant, Pulp Fiction, le propulse au firmament : couronné d’une Palme d’Or au Festival de Cannes 1994, c’est un succès immense autant qu’un classique instantané. Consacré en son temps film indépendant le plus rentable de l’histoire (le premier à générer plus de 200 millions de dollars de recettes), il rapporte en salles vingt-cinq fois son coût de 8,5 millions de dollars. Roger Ebert (l’un des critiques les plus célèbres des États-Unis, dont la rubrique est alors imprimée dans deux cents journaux) le désigne comme le film le plus influent de la décennie.

Trent Reznor, Atticus Ross et David Fincher : une collaboration en mode majeur

Depuis leur première collaboration au film The Social Network, Trent Reznor (fondateur et leader du groupe Nine Inch Nails) et son acolyte Atticus Ross se sont intégrés au style Fincher au point d’en devenir indissociables. L’approche révolutionnaire des deux musiciens a donné naissance à des bandes-son atmosphériques, dont les incomparables textures tissent un contrepoint émotionnel idéal aux images de David Fincher.

Jodie Foster : Derrière le masque de fer

Une intelligence acérée, une présence qui en impose, une maîtrise de chaque instant : Jodie Foster mène sa carrière sans faillir à Hollywood depuis plus de cinquante ans. Ex-enfant star ayant rebondi avec brio devant, puis derrière la caméra, elle résiste de film en film à toute catégorisation, à la facilité, aux coups durs et aux paillettes de la célébrité tout en contrôlant son image – quasiment sans aspérités – à l’extrême.

King, Kubrick et Shining : Le choc des titans

En 1980 sort Shining, un film-monstre, d’abord né de l’imagination d’un écrivain hors norme, Stephen King, avant d’être métamorphosé en une tout autre créature par un cinéaste souvent qualifié de génie : Stanley Kubrick. Si ces deux créateurs se rejoignirent sur la qualité intrinsèque du livre, leurs visions du monde n’ont, elles, jamais pu s’accorder. Et ce film, brûlant à la manière de la glace, est devenu pour des décennies le symbole intense de leur antagonisme.

Delphine Seyrig : déesse d’avant-garde

Un fil rouge se déroule, liant paradoxalement des mythes que rien ne rapproche, de Marilyn Monroe à Marguerite Duras, passant par Jim Morrison, Ella Maillart, Jasper Johns, Luis Buñuel, Simone de Beauvoir, Jack Kerouac, André Breton ou Jane Fonda. Ce fil, c’est la vie de l’actrice et réalisatrice Delphine Seyrig, qui fût de tous les combats féministes. Uniques, sa voix et son mystère ont envoûté plusieurs générations, sur scène ou dans des films singuliers, de l’avant-garde aux succès populaires.

Il était une fois… Anora

Palme d’or du dernier Festival de Cannes, Anora est un film touche-à-tout, conte de fées sexy et comédie d’action, mais aussi portrait touchant et décapant d’une jeune femme en quête d’ascension sociale dans une société américaine plus fracturée que jamais. Pour son septième film, Sean Baker s'aventure avec un sens de l'observation du néo-capitalisme et un humour burlesque dans un tout autre registre où règne l'imprévisible, pour le plus grand bonheur du spectateur.

François Truffaut, l'enfant sauvage.

C’était il y a quarante ans, un décès qui marquait la fin d’une époque. Lorsque Truffaut meurt, la Nouvelle Vague s’abîme dans les années quatre-vingt. La nouvelle décennie achève l’illusion de légèreté et de changement portée par les idéaux de l’après-guerre. La réalité rattrape tout : les corps, les villes, les campagnes. Place à la France de l’après plein emploi, aux passions détruites par le SIDA et à un cinéma français qui ne peut éviter plus longtemps les contrecoups de la fin d’un rêve.