Rockyrama

Jodie Foster : Derrière le masque de fer

Une intelligence acérée, une présence qui en impose, une maîtrise de chaque instant : Jodie Foster mène sa carrière sans faillir à Hollywood depuis plus de cinquante ans. Ex-enfant star ayant rebondi avec brio devant, puis derrière la caméra, elle résiste de film en film à toute catégorisation, à la facilité, aux coups durs et aux paillettes de la célébrité tout en contrôlant son image – quasiment sans aspérités – à l’extrême.

King, Kubrick et Shining : Le choc des titans

En 1980 sort Shining, un film-monstre, d’abord né de l’imagination d’un écrivain hors norme, Stephen King, avant d’être métamorphosé en une tout autre créature par un cinéaste souvent qualifié de génie : Stanley Kubrick. Si ces deux créateurs se rejoignirent sur la qualité intrinsèque du livre, leurs visions du monde n’ont, elles, jamais pu s’accorder. Et ce film, brûlant à la manière de la glace, est devenu pour des décennies le symbole intense de leur antagonisme.

Delphine Seyrig : déesse d’avant-garde

Un fil rouge se déroule, liant paradoxalement des mythes que rien ne rapproche, de Marilyn Monroe à Marguerite Duras, passant par Jim Morrison, Ella Maillart, Jasper Johns, Luis Buñuel, Simone de Beauvoir, Jack Kerouac, André Breton ou Jane Fonda. Ce fil, c’est la vie de l’actrice et réalisatrice Delphine Seyrig, qui fût de tous les combats féministes. Uniques, sa voix et son mystère ont envoûté plusieurs générations, sur scène ou dans des films singuliers, de l’avant-garde aux succès populaires.

Il était une fois… Anora

Palme d’or du dernier Festival de Cannes, Anora est un film touche-à-tout, conte de fées sexy et comédie d’action, mais aussi portrait touchant et décapant d’une jeune femme en quête d’ascension sociale dans une société américaine plus fracturée que jamais. Pour son septième film, Sean Baker s'aventure avec un sens de l'observation du néo-capitalisme et un humour burlesque dans un tout autre registre où règne l'imprévisible, pour le plus grand bonheur du spectateur.

François Truffaut, l'enfant sauvage.

C’était il y a quarante ans, un décès qui marquait la fin d’une époque. Lorsque Truffaut meurt, la Nouvelle Vague s’abîme dans les années quatre-vingt. La nouvelle décennie achève l’illusion de légèreté et de changement portée par les idéaux de l’après-guerre. La réalité rattrape tout : les corps, les villes, les campagnes. Place à la France de l’après plein emploi, aux passions détruites par le SIDA et à un cinéma français qui ne peut éviter plus longtemps les contrecoups de la fin d’un rêve.

Ghosts of Mars : Jogging, trampoline et heavy metal

À la fin des années quatre-vingt-dix, la simple annonce d'un nouveau film de Big John provoquait encore un enthousiasme digne de ce nom. Bien que Los Angeles 2013 (1996) ait refroidi à peu près tout le monde, rien ne pouvait encore ébranler la déférence quasi religieuse du public envers le maître. Avec Vampires (1998), Carpenter nous livrait un néo-western aride, généreux en gore et chargé de punchlines sous la ceinture déclamées par un James Woods en très grande forme. Après un petit succès confirmé à l'international, le public attend fébrilement le prochain film de Carpenter. Et là, sous nos yeux ébahis – et sans aucun mode d'emploi – vint Ghosts of Mars. Avec ce film, initialement prévu comme le troisième volet qui aurait conclu une « trilogie Snake Plissken », le studio fait un 180° suite à la douche froide du précédent film et décrète que Kurt Russell n'est plus l'idole des jeunes.

Le mystère John Cazale

« J’ai plus appris sur le jeu d’acteur de John que de n’importe qui » a déclaré Al Pacino. Admiré par Francis Ford Coppola, Michael Cimino et Sidney Lumet, John Cazale a joué dans cinq de leurs plus grands films. En seulement six ans de carrière cinématographique de 1972 à 1978, il est le seul à avoir réalisé le grand chelem : quatre rôles courts mais intenses dans cinq films, tous unanimement reconnus comme des chefs-d’œuvre, et nommés « meilleur film » aux Oscars. Parmi ces performances, celle, inoubliable, de Fredo, le Judas touchant de la famille Corleone dans Le Parrain. La mort brutale de Cazale a interrompu une carrière qui s’annonçait brillante, unique. Il reste une énigme, acteur trop méconnu du grand public mais révéré de ses pairs, hier comme aujourd’hui. Plus qu’un modèle, un mythe.