Rockyrama

The Bikeriders : la horde sauvage

Cramer sa vie pour l’amour de la vitesse et de son clan en laissant de la gomme sur le bitume. Évidemment, le mode de vie des clubs de motards des années soixante – pile entre ceux de L’Équipée sauvage et d’Easy Rider – est sur le papier un sujet éminemment cinématographique. Plus encore si l’on y ajoute un triangle amoureux atypique avec un casting à mettre le feu à un iceberg : Jodie Comer, Austin Butler et Tom Hardy. Mais là où Jeff Nichols rafle vraiment la mise, c’est sur le concentré d’une époque, d’un milieu et surtout, d’une contre-culture américaine : celle décrite par le photographe reporter Danny Lyon dans son livre mythique The Bikeriders (1968) qui a inspiré son film, montrant les codes et les visages d’un « motorcycle club » à Chicago, formé « d’indésirables », dont il a fait partie pendant quatre ans et qu’il a documenté avec autant de justesse que de lyrisme.

May December : le mélodrame vénéneux de Todd Haynes

Cinéaste américain indépendant né en 1961, Todd Haynes n’a cessé de s’attaquer aux mythes fondateurs des États-Unis, tout en questionnant les normes sexuelles et sociales. À la tête d’une œuvre composée de seize films, il interroge les identités, entre artifice et « moi » profond, aliénation et déconstruction. Son dernier film, May December, qui sortira en France le 24 janvier 2024, apporte sa pierre au passionnant édifice qu’est sa filmographie.

1975-1976 : la révolution Saturday Night Live

Entre coup de bluff, hausse de budget et expérimentations comiques, le lancement de Saturday Night Live, à l’automne 1975 sur NBC, n’a pas été de tout repos. Il doit beaucoup à la ténacité d’un producteur irascible et bienveillant, Lorne Michaels, et à une troupe de – très – jeunes auteurs et comédiens qui symbolisaient un humour souvent politique, toujours à contre-courant, et résolument anticonformiste, même dans les rangs de la chaîne. Une révolution dans le paysage audiovisuel, et l’éveil d’une nouvelle génération de téléspectateurs qui ira ensuite plébisciter ses stars au cinéma, de Chevy Chase à John Belushi.

Miami Vice : le vent dans les palmiers

Dans le paysage hollywoodien de 2006, très riche en films d’action auteuristes ou formalistes (Déjà vu, Hypertension, Les Fils de l’homme, Les Infiltrés, Apocalypto, 300, Casino Royale, Mission impossible 3, Inside Man…), Miami Vice a failli passer inaperçu. Sorti durant l’été, le film le plus cher de Michael Mann fut un semi-échec, public et critique, ayant déçu les fans de la série originelle des années quatre-vingt – dont Mann était l’un des cocréateurs –, ainsi que certains admirateurs des œuvres plus classiques du cinéaste, rétifs à l’abstraction et à l’hypermodernité radicale de celle-ci. Cependant, la réputation du film n’a cessé de grandir au fil des années, à mesure que s’est imposée l’évidence de tenir là une œuvre sidérante, déployant avec majesté son réalisme brut et son lyrisme atmosphérique.

Watchmen par Damon Lindelof : le retour aux sources

L'importance de Watchmen au sein de la pop culture n'est plus à démontrer. La bande dessinée de Dave Gibbons et d’Alan Moore y trône comme un monolithe auquel il est difficile de se confronter. Avec sa mini-série, Damon Lindelof s'ajoute à la liste des artistes qui ont tenté d'adapter ou d'étendre l'univers mis en place par Gibbons et Moore, tout en étant à la hauteur de l'œuvre originelle. A-t-il réussi là où tous les autres avaient, à des degrés divers, échoué ? Verdict.