Rockyrama

Marriage Story : chronique d'un amour fini

Après un détour à la Mostra de Venise, le dernier film de Noah Baumbach sortait sur Netflix en décembre 2019. Lancé à pleine vitesse dans la course aux Golden Globes avec pas moins de six nominations, mais avec une unique récompense à la clef, Marriage Story s’établissait pourtant comme l’un des candidats favoris. Porté par un couple star désarmant et par autant de seconds rôles géniaux, Marriage Story est le film doux-amer, absolument drôle et terriblement mélancolique dont nous avions besoin pour en finir avec la décennie.

Vincent Price, prince de l’épouvante

« Price offre une interprétation très intéressante et très personnelle de la peur. Il recrée le sentiment d'horreur : celui ressenti par un enfant seul dans la nuit que les parents ont laissé seul à la maison. Il y a une tempête, un monde vaste et terrifiant autour de lui. » Ce sont là les mots que choisissait Roger Corman pour décrire l’un de ses acteurs fétiches... En un demi-siècle de carrière, Vincent Price s’est imposé comme l’un des derniers monstres du cinéma d’horreur.

Mulholland Drive : de l'autre côté d’Hollywood

Il existe à Los Angeles un trou noir. Un trou noir que nul n’a exploré aussi diligemment, profondément et régulièrement que David Lynch – du moins pas sans en ressortir fou, aussi fou que Dale Cooper recraché par la Black Lodge. Tous ceux qui connaissent David Lynch s’accordent à le dire : il n’y a pas plus doux et sain d’esprit que lui. Publiquement, même dans ses phases les plus ésotériques, métaphysiques, même dans son éloge de la méditation transcendantale, il apparaît parfaitement raisonnable. Il n’y a ainsi que lui pour s’aventurer dans une zone aussi délétère et en ramener autant de beauté. Tous ses films situés à Los Angeles tournent autour de ce trou noir, en orbite plus ou moins proche, et l’on peut considérer que Lost Highway, Mulholland Drive et Inland Empire forment une trilogie esthétique et thématique.

Little Odessa : Crime et Châtiment

Il aura suffi d’un film à James Gray pour inscrire son nom sur la liste des réalisateurs à suivre à Hollywood. Mais c’est pourtant loin de la cité du cinéma et du public américain que le réalisateur bâtira une œuvre toujours pas comprise, ou acceptée, dans son pays d’origine. Trop intello, trop auteurisant, trop européen, sa filmographie trouvera un écho mérité dans les festivals ou chez les cinéphiles, persuadés de tenir là l’un des réalisateurs les plus importants de sa génération. Passionné, minutieux et terriblement doué, Gray prendra son temps pour faire aboutir chacun de ses projets avec la certitude de faire à chaque fois progresser un peu plus son art. Et si l’histoire retient aujourd’hui que ses trois premiers films constituent une trilogie sombre, familiale et personnelle, sa première envie de réalisateur fut un biopic de Neil Bogart, créateur du label disco Casablanca Records.

Once Upon a Time… in Hollywood : Y a-t-il un film pour sauver Hollywood ?

Once Upon a Time… in Hollywood est un film sur le cinéma. Faire ce constat revient à enfoncer une porte ouverte et pourtant, si Quentin Tarantino s’affiche clairement comme le cinéaste le plus cinéphile de sa génération, c’est la première fois de sa carrière qu’il aborde l’objet de sa passion de manière aussi frontale. Laissant libre cours à sa cinéphilie sans pour autant céder à la nostalgie pure, le réalisateur signe une œuvre à la fois libre et définitive qui utilise le langage même du cinéma pour le consacrer. Pour tenter de comprendre et extraire la richesse de son propos, difficile cependant de ne pas spoiler le film… Mais vous l’avez forcément vu, non ?

Les flics ne dorment pas la nuit : le polar selon Richard Fleischer

Richard Fleischer est un cinéaste dont le nom n’occupe pas toute la place qu’il mérite dans la mémoire cinéphile. Peut-être à l’instar d’un Robert Wise à cause de sa polyvalence : son talent l’a amené à travailler sur des films très différents les uns des autres : thriller (L'Étrangleur de la place Rillington, 1971), film de guerre (Tora! Tora! Tora! 1970), fantastique (Le Voyage fantastique, 1966), film historique (Mandigo, 1975), de l’adaptation en mode blockbuster de Jules Verne (Vingt mille lieues sous les mers, 1954) à la série Z (Amityville 3D : Le démon, 1983), sans oublier de livrer un classique de l’anticipation (Soleil Vert, 1974). Le cinéphile avisé, devant quelques plans fulgurants de L'Étrangleur de Boston (1967) ou le visionnage des Vikings (1958) sait pourtant ce que l’histoire du cinéma doit à ce grand réalisateur. Peu à peu, grâce aux rééditions de quelques éditeurs avisés, le génie de Richard Fleischer s’impose comme une évidence de plus en plus partagée.